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Le père de Tony "ressent de la rage" envers la mère et son compagnon

Le père de Tony, l'enfant de trois ans décédé ce samedi à Reims après avoir été "le souffre-douleur" de son beau-père et la victime des coups de sa mère, a témoigné ce mercredi au micro de BFMTV.

"A cause de ce mec-là, je ne pouvais plus du tout le voir", a confié ce mercredi sur BFMTV le père du petit Tony, décédé le 26 novembre dernier après avoir été transporté aux urgences pédiatriques. Avant de succomber à une énième salve de coups, l'enfant de trois ans a servi de "souffre-douleur" au conjoint de sa mère, selon le Parquet de Reims, avant de disparaître ce samedi. 

"Je ressens de la rage envers les deux", a confié le père de l'enfant.

"Elle aurait pu parler, avouer ce qu'il faisait puisqu'elle était au courant, elle était là quand elle voyait les choses", a-t-il dénoncé en parlant de son ex-compagne au micro de BFMTV.

Ce père endeuillé a notamment pointé du doigt le silence des voisins de l'immeuble, qui ont été plusieurs à entendre des cris et des insultes. Pour lui, ils étaient "au courant de tout et auraient pu parler, s'exprimer, ou aller directement à la police pour dire ce qu'il se passait". "Il faut que les gens se bougent parce qu'ils n'aimeraient pas que ça leur arrive. Il ne faut pas qu'ils aient peur des représailles parce que sinon on n'y arrivera pas", a-t-il ensuite assuré.

"Cet enfant aurait pu passer la Noël 2016"

Selon les résultats de l'autopsie réalisée ce dimanche, les causes de la mort sont dues à une "rupture de la rate et du pancréas" liée à des coups à l'abdomen. "De très nombreux hématomes" ont aussi été relevés sur l'ensemble du corps de la victime, accréditant la thèse de violences régulières "pendant un mois à un mois et demi".

"Si les services de police avaient été alertés par le voisinage, cet enfant aurait pu passer la Noël 2016", a déploré le procureur.

Se rangeant du côté du père de Tony, le procureur a également dénoncé le silence des voisins du petit garçon, qui n'ont pas prévenu les autorités par peur de représailles.

Interpellé avec sa compagne par les forces de l'ordre, le mis en cause, âgé de 24 ans, a déjà été condamné sept fois entre 2009 et 2015 pour menaces, dégradation, violences et outrage. Le conjoint violent et la mère, tous deux placés en détention provisoire, encourent respectivement la réclusion à perpétuité et cinq ans de prison.

Julie Breon avec AFP