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Le juge Burgaud, symbole du fiasco d'Outreau, à la barre

Fabrice Burgaud sera entendu dans le "mini procès d'Outreau" vendredi après-midi. Très critiqué pour avoir instruit en premier l'affaire de pédophilie d'Outreau, le juge est aujourd'hui simple témoin.

Il reste l'incarnation du fiasco judiciaire d'Outreau. En dix ans, Fabrice Burgaud n'a donné que trois interviews à la presse et continue de cultiver sa discrétion. L'ancien juge d'instruction sera entendu vendredi après-midi par la Cour d’Assises d’Ille-et-Vilaine. Il ne sera pas présent physiquement, mais participera par visioconférence depuis la Cour d’Appel de Paris.

Le dossier d'Outreau, portant sur un réseau pédophile présumé, a éclaté en février 2001. Mais après deux procès, à Saint-Omer (Pas-de-Calais) en 2004 puis en appel à Paris fin 2005, l'affaire a débouché sur l'acquittement de 13 personnes sur les 17 mises en examen, après parfois trois ans de détention provisoire. Le président de la République de l'époque, Jacques Chirac, avait même fait ses excuses aux acquittés.

Fabrice Burgaud est alors apparu comme le principal responsable de ce fiasco judiciaire, il fut menacé, et même placé sous protection judiciaire. L’Assemblée nationale décida alors de créer une commission d'enquête parlementaire pour faire toute la lumière sur cette affaire, son audition fut retransmise en direct à la télévision en 2005.

Une image "injuste"

Son avocat expliquait vendredi matin sur BFMTV qu’il estime toujours avoir mené honnêtement son instruction lors de l’affaire d’Outreau même s'il a reconnu qu'il avait pu commettre des erreurs. "Il s'est trouvé dans une situation extrêmement difficile en 2001", rappelle son avocat Jean-Yves Dupeux, pour lui qui était sans doute "trop jeune" et "un peu livré à lui-même".

"L'image qu'il a laissée est très négative et très injuste", estime Jean-Yves Dupeux.

"J'ose espérer que quelque soit les impératifs de la défense, il y aura une forme de décence dans l'adresse qu'on pourra lui faire". En face, Julien Delarue dit "craindre que cette démarche soit faite pour le réhabiliter". Il en est l’un des rouages essentiels et son rôle a compté dans la mise en cause et l’incarcération des Legrand", rappelle-t-il.

Qu'est-il devenu?

Le Conseil supérieur de la magistrature avait infligé une simple réprimande au juge Burgaud en 2009. Aujourd’hui âgé de 43 ans, le magistrat, est auditeur à la Cour de cassation, plus haute juridiction en France.

Il fait des notes juridiques mais n'est plus en contact avec les justiciables.

K. L.