BFMTV
Police-Justice

"Le Grêlé": ce que l'on sait de François Verove, identifié comme le tueur en série recherché depuis 1986

L'homme a été trouvé mort mercredi soir dans un appartement du Grau-du-Roi. Il était convoqué pour un prélèvement ADN dans le cadre d'une information judiciaire.

35 ans après le début des investigations, "le Grêlé" a désormais un nom et un visage autre qu'un portrait-robot. L'homme retrouvé mort mercredi dans un logement de location du Grau-du-Roi, dans le Gard, correspond au suspect recherché depuis 1986. Une information judiciaire était ouverte pour "viols sur mineurs de 15 ans", "assassinats", "tentative d'homicide volontaire", "vols avec arme", "usages de fausse qualité" et "enlèvement" et "séquestration sur mineur de 15 ans".

François Verove, 59 ans, est soupçonné d'avoir commis cinq crimes entre 1986 et 1994. Son ombre plane sur les morts de Cécile Bloch, 11 ans, poignardée et violée en 1986, Gilles Politi, 38 ans, tué en 1987, Irmgard Mueller, 20 ans, tuée en 1987.

"La comparaison ADN, immédiatement ordonnée par le magistrat instructeur, a établi ce jour une correspondance entre le profil génétique retrouvé sur plusieurs scènes de crime et celui de l'homme décédé", a confirmé la procureure de la République de Paris Laure Beccuau dans un communiqué jeudi soir.

Lettre d'aveux

Avant sa mort, François Verove a laissé une lettre dans laquelle il s'accuse des meurtres, sans donner les noms de ses victimes. Il y a évoqué, selon plusieurs médias, "des pulsions passées" mais qu'il s'était "pris en main" et n'aurait "rien fait depuis 1997".

Selon le parquet de Paris, le quinquagénaire avait été convoqué le 24 septembre dernier, pour une audition le 29 septembre, jour où il a été retrouvé mort. La procureure confirme qu'il s'agit d'un "ancien gendarme, devenu policier et désormais à la retraite".

Quelque 750 gendarmes en poste en région parisienne à l'époque des faits avaient été convoqués ces derniers mois.

"L'étau se refermait autour de quelqu'un qui était possiblement gendarme, policier, parce que cet homme avait exhibé une carte tricolore, parce que plusieurs témoins parlent d'un homme qui s'exprimait avec un langage qui pouvait ressembler à un langage de policier ou de gendarme, donc des gendarmes ont été entendus, des prélèvements ADN ont été effectués et ce monsieur figurait sur la liste des gendarmes qui devaient être prélevés", explique Dominique Rizet, consultant police-justice de BFMTV.

Ancien conseiller municipal

Selon une source proche du dossier à l'Agence France-Presse (AFP), François Verove a quitté la gendarmerie en 1988 pour devenir policier. Il a également été conseiller municipal jusqu'à l'année passée de Prades-le-Lez (Hérault). L'ancien maire de la commune de quelque 5000 habitants témoigne sur BFMTV de sa "surprise" et sa stupéfaction.

"Mes rapports avec cet homme étaient cordiaux, c'était un homme respectueux des opinions des autres", déclare ce vendredi sur notre antenne Jean-Marc Lussert pour qui il n'y avait "aucun signe, absolument aucun".

François Verove était marié et avait des enfants, selon l'ancien élu. Il vivait à La Grande-Motte avec son épouse, d'après le quotidien Midi-Libre.

D'après Le Parisien, il avait entre 1983 et 1988 été affecté au sein de la cavalerie de la garde républicaine à Paris, avant de devenir policier et d'être notamment motard et affecté au sein de la brigade des mineurs.

"Il avait eu un accident de moto, en service je crois, et gardait un souci à la jambe", a indiqué au quotidien Jean-Marc Lussert.

"Le Grêlé" avait été affublé de ce surnom après le meurtre de la petite Cécile Bloch en 1986. Le portrait-robot d'un homme avait été dressé et largement diffusé après avoir été aperçu par plusieurs personnes, notamment les parents et le demi-frère de la fillette, dans le hall de l'immeuble où la famille vivait.

Le portrait-robot représentait un homme mesurant environ 1,80 mètre, d'environ 25 ans et aux cheveux châtains et à la peau du visage marquée par des traces d'acné. Sur des photos plus récentes, l'homme est porteur d'une barbe. Il s'agissait du plus ancien cold case de la Brigade criminelle de la préfecture de police de Paris. Une énigme désormais résolue.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV