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Le gouvernement aux Mureaux: les policiers bientôt équipés de caméras-piéton

Placée directement sur le policier, la caméra peut être déclenchée lors d'une intervention.

Placée directement sur le policier, la caméra peut être déclenchée lors d'une intervention. - Frederick Florin - AFP

Manuel Valls délocalise 17 ministres du gouvernement, ce lundi aux Mureaux, dans le cadre d’un comité interministériel sur l’égalité et la citoyenneté. Le gouvernement y a annoncé la généralisation des "caméras-piéton" sur les policiers.

Le gouvernement veut réinvestir les quartiers et Manuel Valls a promis "des mesures fortes". Le chef du gouvernement préside ce lundi un comité interministériel sur l’égalité et la citoyenneté depuis les Mureaux, dans les Yvelines.

L'une des mesures dévoilées par le gouvernement, l’extension des caméras, directement placées sur les policiers en patrouille. Les petites caméras de type GoPro sont visibles et portées sur la poitrine à l’aide d’un harnais ou au niveau de l’épaule. Le gouvernement confirme qu'il souhaite "faire de la caméra-piéton un équipement de droit commun des patrouilles et unités de police et de gendarmerie en intervention opérationnelle". 

Lutte contre les contrôles au faciès

Avec ce dispositif, le gouvernement souhaite remplir un double objectif. D’abord cette mesure permettrait à François Hollande d’une manière détournée de remplir l’un de ces objectifs de campagne: la lutte contre le délit de faciès. La promesse d’un récépissé délivré lors des interventions pour éviter les contrôles multiples est resté lettre morte. Avec les caméras-piéton, il est plus facile d’établir les circonstances et les enchaînements d’une intervention, pour permettre à une personne de contester celle-ci.

Ensuite, la présence de ces caméras permettrait de limiter les provocations contre les policiers. Se sachant filmés, les gens contrôleraient davantage leurs réactions. Le dispositif, déjà testé dans des Zones de sécurité prioritaire (ZSP) aurait fait ses preuves. Lors des interventions, c’est le policier qui déclenche l’enregistrement. Il doit alors indiquer qu’il enregistre. "Dès que la situation s’envenime et qu’on allume la caméra, la pression retombe. L’effet est quasiment immédiat", explique un policier à RTL. Le nombre de caméras pourrait être porté à 4.500 croit savoir la radio.

Un cadre à définir

Restent des questions à résoudre. "Le cadre juridique doit être défini, c’est indispensable, réclame dans Le Parisien Philippe Capon, secrétaire général de l’Unsa-police. Les conditions d’utilisation de la caméra, le stockage des images, l’accès aux données… tout cela doit être encadré". Le gouvernement confirme qu'un cadre législatif sera prochainement déterminé "afin d'encadrer les conditions d'usage" de ces caméras et "le traitement des vidéos". Le dispositif sera intégré au projet de loi Egalité et citoyenneté qui doit être discuté au Parlement début 2016. 

C. B