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Le bijoutier niçois qui avait tué un braqueur condamné à 5 ans de prison avec sursis

Stéphane Turk.

Stéphane Turk. - AFP

Le bijoutier niçois qui avait abattu un braqueur en fuite accepte la décision et indique qu'il ne fera pas appel.

Stéphane Turk, un bijoutier niçois qui avait abattu en 2013 un jeune braqueur qui prenait la fuite après l'avoir dévalisé, a été condamné jeudi à 5 ans de prison avec sursis par la cour d'assises des Alpes-Maritimes. Jugé pour homicide volontaire, le septuagénaire a finalement été condamné pour violence volontaire avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner à une peine conforme aux réquisitions de l'avocate générale Carole Chassain. La cour, comme Carole Chassain, a écarté toute notion de légitime défense. 

"C'est la décision de la justice, je l'accepte, je la respecte, je ne ferai pas appel", a déclaré Stéphane Turk, 72 ans, après le verdict accueilli dans le calme.

En septembre 2013, il avait ouvert le feu vers le scooter sur lequel s'enfuyaient les deux jeunes hommes qui venaient de braquer sa boutique.

"On a beaucoup dit que c'était le procès de la légitime défense, ce n'est pas vrai (...), il n'y a pas d'autre solution que d'écarter la légitime défense", avait déclaré au cours de son réquisitoire l'avocate générale: "Au moment où il prend son arme, M. Turk, il n'y a plus de danger pour lui (...), l'agression est terminée".

"Pas un meurtre de sang froid"

Carole Chassain avait toutefois estimé que le vol avec arme dont venait d'être victime l'accusé constituait "une circonstance atténuante" : "Ce n'est pas un meurtre de sang froid", avait-elle pointé.

L'avocat de l'accusé, Me Djendel Yassen, avait de nouveau plaidé la légitime défense, rappelant que Stéphane Turk, né au Liban et arrivé en France en 1983 pour fuir la guerre civile, n'avait "ni la vie, ni le passé d'un criminel".

Le bijoutier a "déjà été puni" dans cette affaire, avait aussi argué son avocat: "Il a été frappé, il a perdu son magasin, été banni de Nice, et il attend de votre juridiction que vous mettiez un point final à ce cauchemar".

Les avocats de la famille de la victime, Anthony Asli, 19 ans au moment de sa mort, avaient quant à eux insisté pour que la cour ne retienne pas la notion de légitime défense.

D. N. avec AFP