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La veuve et l'amant rejugés pour l'assassinat du mari

Le procès s'est ouvert le 19 octobre aux assises de Perpignan.

Le procès s'est ouvert le 19 octobre aux assises de Perpignan. - -

Commanditaire sans scrupules de l'assassinat de son mari, ou victime d'un mode de vie libertin qui dérange ? Les assises des Pyrénées-Orientales ont jusqu'au 26 octobre pour trancher sur le cas de Diane Mistler.

Elle, dit n'avoir rien à voir avec l'assassinat de son mari. Lui, "reconnaît tout". Diane Mistler et son ancien amant, Frantz Diguelman, ont une seconde fois campé sur leurs positions, à l'ouverture jeudi de leur procès en appel devant les assises de Perpignan.

Comme à la première cour qui l'avait condamnée à 25 ans de réclusion l'an dernier, Diane Mistler a répété qu'elle n'avait rien à voir avec l'assassinat de son époux, survenu le 22 avril 2007 aux aurores. Paul Mistler, banquier retraité de 60 ans, avait été abattu au harpon alors qu'il quittait avec son épouse ensemble une boîte échangiste de la Grande-Motte (Héraut).

Ce matin-là, tandis que l'homme s'était écroulé, son agresseur avait surgi et lui avait encore porté 20 coups de couteau. Les gendarmes avaient vite retrouvé Frantz Diguelman, un barman, tapi sous une voiture, couvert de sang. Un croquis du crime avait été retrouvé chez lui, puis l'enquête avait révélé qu'il entretenait une liaison avec la veuve.

L'amant, tueur par amour

Aux enquêteurs, Diguelman n'a pas nié. Il a parlé des confidences que lui faisait Diane: un mari violent qui la battait, lui imposait ses fantasmes sexuels... Il était fou amoureux. Il ne s'est pas demandé pas si ce qu'elle lui racontait était vrai. Il s'est vengé de cet homme...

Ce n'est qu'au bout de six mois, alors qu'il a appris que sa maîtresse entretenait en réalité de nombreuses liaisons, qu'il a commencé à l'accuser d'avoir commandité de crime. Pour se venger là aussi, d'elle cette fois ? Selon lui, Diane avait échafaudé pas moins de quatre scénarios de crime, relate le journal local L'Indépendant.

Une première fois, en avril 2011, Diane Mistler a donc été renvoyée avec Frantz Diguelman devant la cour d'Assises de l'Héraut, qui les a déclaré tous les deux coupables.

Juge-t-on "une salope" ?

Mais pour la défense de la veuve, Diguelman est seul responsable et on a mis au pilori une femme pour son mode de vie qui dérange. "Sur le fond [du dossier] il n'y a rien. C'est une salope, on la condamne", a fustigé jeudi Me Françoise Dalman, qui défend l'accusée avec ses deux confrères Eric Dupont-Moretti et Jean-Robert Phung.

Jeudi dans le prétoire, engoncée dans un gros gilet de laine, les traits tirés, la petite femme de 45 ans a semblé loin de la séductrice qui s'était vantée devant l'expert psychiatre de provoquer "envies et convoitises", et d'"aimer s'habiller sexy parce qu'elle a le corps pour".

La cour d'assise de Perpignan aura jusqu'au vendredi 26 octobre pour déterminer si oui ou non, elle éprouvait aussi l'amour du crime.