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La manifestante grièvement blessée à Nice "a été bousculée par un policier", selon le procureur

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Geneviève Legay a violemment chuté samedi dernier lors d'une manifestation des gilets jaunes à Nice dans un périmètre interdit. Une information judiciaire a été ouverte.

Geneviève Legay, militante d'Attac, "a été bousculée par un policier", a assuré le procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre, ce vendredi lors d'une conférence de presse. Lundi dernier, il avait pourtant assuré que la manifestante, qui se trouvait dans un périmètre interdit lors de la mobilisation des gilets jaunes le samedi 23 mars, n'avait "pas été touchée par les forces de sécurité".

"Comme je l'avais indiqué lundi dernier, les images alors disponibles qui avaient été visionnées et les témoignages recueillis me conduisaient à conclure qu'il n'y avait pas eu de contact direct entre la victime et les policiers", a rappelé Jean-Michel Prêtre. Mais les investigations se sont poursuivies, notamment avec la saisie de nouvelles images et l'audition de nouveaux témoins, a-t-il poursuivi.

Une information judiciaire ouverte

"Les résultats finalisés (...) de l'exploitation de très nombreuses autres images (...) et la mise en cohérence de l'ensemble de ces éléments de preuve, m'ont conduit avec les enquêteurs à constater qu'avant l'arrivée du cordon de ses collègues au niveau où se trouvait Mme Legay, un fonctionnaire de police isolé et dépourvu de bouclier avait écarté du bras vers sa droite Mme Legay, provoquant ainsi (sa) chute", a ajouté le magistrat.

Le policier en question, déjà entendu, a "rectifié ce matin son témoignage en admettant que la personne qu'il avait écartée de son chemin n'était pas un homme comme il l'avait déclaré initialement", a-t-il indiqué.

Une information judiciaire a été ouverte pour violences par personne dépositaire de l'autorité publique. Les juges d'instruction devront apprécier le caractère volontaire ou involontaire de l'action du policier, a indiqué le procureur.

"Geneviève Legay et sa famille sont extrêmement soulagées que le mensonge des autorités administratives et judiciaires soit enfin éclaboussé", a réagi Me Arié Alimi, l'avocat de Geneviève Legay, qui a salué le travail d'enquête réalisé par plusieurs médias et associations pour montrer "ce mensonge qui avait été propagé par Emmanuel Macron (...), Christian Estrosi, le procureur de la République et le préfet des Alpes-Maritimes". 

Action "totalement légitime"

Cette femme de 73 ans a été gravement blessée à la tête après être tombée lors de la dispersion de la manifestation, place Garibaldi. La famille de la septuagénaire a porté plainte pour "violence en réunion avec arme par personnes dépositaires de l'autorité publique contre personne vulnérable".

Vendredi, le procureur de la République, Jean-Michel Prêtre, a affirmé que l'action de dispersion était "totalement légitime" et "totalement volontaire".

"Ce qui peut poser problème, c'est l'action individuelle du policier" qui l'a bousculée, a-t-il ajouté.
Benoît Ruiz avec Benjamin Rieth