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La justice confirme la restitution d'un Pissarro à une famille spoliée sous l'Occupation

"La Cueillette" de Pissarro.

"La Cueillette" de Pissarro. - Wiklimedia Commons

Mardi, la justice a confirmé en appel la restitution d'un tableau de Pissarro confisqué sous l'Occupation.

La cour d'appel de Paris a confirmé mardi la restitution aux descendants d'un collectionneur juif spolié sous l'Occupation d'un tableau de Pissarro, "La Cueillette", qui avait disparu avant d'être acheté légalement aux enchères en 1995 par un couple d'Américains.

Pourvoi en cassation 

Les juges ont confirmé "en toutes ses dispositions" le jugement rendu en novembre 2017 par le tribunal de grande instance de Paris, ouvrant la voie à la remise à cette famille du tableau qui se trouve sous séquestre à l'établissement public des musées d'Orsay et de l'Orangerie.

Les descendants du collectionneur Simon Bauer ont salué une décision "qui consacre le droit des victimes des actes de barbarie commis par le gouvernement de Vichy à recouvrer, sans limitation de durée, les biens qui leur ont été spoliés", selon un communiqué de leur avocat, Cédric Fischer.

Les époux Toll, qui avaient acquis légalement le tableau pour 800.000 dollars chez Christie's à New York en 1995 et disent tout ignorer de sa provenance, "vont former un pourvoi en cassation", a indiqué leur avocat, Ron Soffer. Un tel recours n'est toutefois pas suspensif.

Confisqué en 1943

Peinte en 1887 par l'impressionniste Camille Pissarro, "La cueillette", également appelée "La cueillette des pois", était l'un des 93 tableaux de maître de la collection de Simon Bauer, un grand amateur d'art français né en 1862, qui avait fait fortune dans la chaussure.

Cette collection lui avait été confisquée en 1943 et avait été vendue par un marchand de tableaux désigné par le Commissariat aux questions juives du régime collaborationniste de Vichy.

Interné en juillet 1944 à Drancy, Simon Bauer avait réussi à échapper à la déportation. À sa mort, en 1947, il n'était parvenu à récupérer qu'une petite partie de ses oeuvres. Ses descendants avaient poursuivi son action pour reprendre possession de la collection.

B.L. avec AFP