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La jeune fille au pair française tuée à Londres était influencée et exploitée par ses employeurs

Le corps calciné de Sophie Lionnet a été retrouvé dans le jardin de cette maison où elle travaillait

Le corps calciné de Sophie Lionnet a été retrouvé dans le jardin de cette maison où elle travaillait - Daniel LEAL-OLIVAS / AFP

Les proches de la jeune fille au pair assassinée par ses employeurs la décrivent dans Le Parisien comme une "fille travailleuse" mais "très influençable".

Quatre jours après la découverte du corps calciné de Sophie Lionnet, jeune fille au pair française installée à Londres, le couple suspecté de son assassinat comparaît devant le juge ce mardi. Ouissem Medouni, 40 ans, et sa compagne Sabrina Kouider, 34 ans, sont accusés d’avoir tué la jeune femme de 21 ans qu’ils employaient depuis 18 mois.

C’est dans le jardin de leur maison située dans le quartier de Wimbledon que le cadavre de Sophie Lionnet a été découvert. La jeune fille au pair, qui s’occupait des deux enfants du couple, âgés de 3 et 6 ans, faisait le ménage et préparait à manger… Le tout pour 56 euros par mois seulement, révèle Le Parisien. Une exploitation dont elle n’a jamais parlé à ses proches: "Dès qu’on abordait le sujet de l’argent, elle éludait. […] Elle nous faisait croire que tout allait bien pour ne pas nous inquiéter. Sophie pensait toujours aux autres avant elle", raconte une amie de la victime.

"Très influençable"

Grâce à son travail, la jeune femme passionnée de cinéma espérait pouvoir se payer des études artistiques. Sa patronne, styliste et mannequin, lui aurait d’ailleurs offert une robe de soirée, un shooting photo et fait rencontrer Johnny Depp. "Elle l’a achetée, lui faisant miroiter qu’elle pourrait l’aider à travailler dans le cinéma", affirme une autre amie de Sophie.

Si ses proches parlent d’une "fille travailleuse qui voulait s’en sortir par elle-même", ils décrivent dans le même temps une personne "très influençable". Une faille dont le couple franco-algérien semble avoir largement profité pour exploiter la jeune femme.

Pas de retour en France

À de nombreuses reprises, les proches de Sophie Lionnet se sont inquiétés de ne pas pouvoir la joindre, raconte encore Le Parisien. D’autant que la jeune fille originaire de Troyes ne rentrait plus en France. "Elle disait toujours 'bientôt'… mais repoussait à chaque fois. Elle n’avait pas d’argent pour payer le retour, mais trouvait toujours des excuses à ses patrons qui avaient soi-disant des problèmes financiers", raconte un de ses amis. "Ses propres parents n’ont eu longtemps ni son adresse ni son numéro de téléphone, sur lequel elle ne répondait jamais", ajoute une copine de Sophie.

Son absence prolongée a poussé le petit ami de Sophie Lionnet à mettre un terme à leur relation. Dans une vidéo publiée fin 2016 sur Internet, la jeune femme regrettait de ne pas pouvoir rentrer en France pour fêter Noël. Selon une autre de ses amis, elle apparaissait "épuisée". "Ils lui avaient dit que si elle rentrait elle n’aurait jamais ses salaires", assure-t-elle. Avec l’aide de sa famille, le jeune fille au pair avait finalement pu se payer un billet de retour. Elle aurait dû rentrer en France lundi dernier.

Après avoir vu certaines de ses photos laissant entrevoir des traces de griffures, les proches de Sophie Lionnet soupçonnent par ailleurs ses employeurs de l'avoir maltraitée physiquement tout au long de ces 18 mois. La justice française s'est également saisie de l'affaire.

P.L