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La fin du tutoiement par les policiers ?

Manuel Valls s’est prononcé pour la généralisation du vouvoiement par les agents de police et par la gendarmerie.

Manuel Valls s’est prononcé pour la généralisation du vouvoiement par les agents de police et par la gendarmerie. - -

Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur veut bannir l’usage du tutoiement par les policiers. Il l'a annoncé lundi, lors d'un déplacement à Saint-Cyr-aux-Monts-d’Or, près de Lyon. Le but : favoriser les rapports entre policiers et citoyens lors des contrôles.

Ce pourrait être bientôt la fin du tutoiement lors des contrôles de police. En effet, Manuel Valls s’est prononcé pour la généralisation du vouvoiement par les agents de police et par la gendarmerie. Le ministre de l’Intérieur souhaite ce changement pour que « le rapport avec la population se fasse dans les meilleures conditions (…) Je veux bannir toute forme de familiarité et de tutoiement qui dégradent la relation entre les forces de l'ordre et les citoyens. Quand cela existe, ça doit être sanctionné », a-t-il expliqué.

Bannir les abus dans la police

Le ministre souhaite également proscrire les « contrôles abusivement répétés ou réalisés sans discernement ». Il s’est déclaré inflexible quant au respect des règles de déontologie propres aux fonctionnaires de police. Cette mesure s’inscrit dans l’objectif global de bannir les abus dans la police. Cette décision est plutôt bien acceptée par la population qui n’apprécie pas, lors des contrôles, de se faire tutoyer par les agents des forces de l’ordre. « Il faut qu’il montre le bon exemple. Comme ils ont un pouvoir, normalement ils vouvoient les gens », explique Malik 19 ans.

« Les policiers sont souvent tutoyés les premiers »

Jean-Paul Borrelly est secrétaire zonal Sud-Est du syndicat Alliance Police Nationale. Pour lui le tutoiement n’est pas un problème de fond : « Ce qui est appris dans les écoles de police c’est bien évidemment le vouvoiement de base. Donc, dès le moment où l’on sait cela je crois que c’est la règle qui est le plus souvent appliquée par mes collègues. La seule chose c’est qu’en face, les individus qui s’adressent à mes collègues qui eux sont les représentants des institutions de la République ne font pas l’objet de ce même respect. Ce sont eux souvent qui sont tutoyer les premiers. Je ne pense pas que le tutoiement soit un problème de fond à développer dans la police française. Aujourd’hui le problème fondamental, c’est les conditions de travail de mes collègues ».

« Laissons à chacun le soin de s’adapter »

Thierry Clair est secrétaire régional Rhône-Alpes du syndicat Unité SGP Police. Selon lui, il faut laisser à chacun le choix de décider : « Ce n’est pas facile de gérer des situations dans lesquels vous avez des gens qui se révoltent, qui parlent avec des mots crus, avec des insultes. Il faut gérer tout ça. Le vouvoiement fait partie des règles de la société. Cela étant, laissons à chacun le soin de s’adapter. Je pense que le tutoiement peut être tout à fait respectueux. Et dans ce cadre-là, on ne peut pas faire le reproche à partir du moment où la discussion qui s’installe est tout à fait sereine et permet éventuellement de soutirer des informations. Il ne faut pas être rigide. Le tout c’est que les policiers puissent travailler sereinement ».

La Rédaction avec Amélie Rosique