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La fatigue d'un soldat de l'opération Sentinelle: "On ne voit pas sa famille pendant 2 mois"

Des soldats de l'opération Sentinelle à Paris le 20 mai 2017

Des soldats de l'opération Sentinelle à Paris le 20 mai 2017 - Michel Euler / POOL / AFP

Parmi les 10.000 militaires déployés en Sentinelle depuis le début de l'opération en 2015, certains se sentent fatigués, et lassés de devoir faire des concessions.

Les militaires de l'opération Sentinelle sont-ils à bout? Depuis le suicide de l'un d'entre eux vendredi dernier, leurs conditions de travail sont au centre de l'attention, et font l'objet de critiques. David, jeune soldat de l'armée de Terre déployé en Sentinelle, se sent fatigué.

"200 jours d'absence dans l'année"

“C’est une mission où on ne rentre pas chez nous le soir. Pendant deux mois on ne voit pas sa famille, pas même le week-end", regrette-t-il au micro de BFMTV.

Un sentiment partagé par sa compagne Géraldine: "Quand ils reviennent de mission, c’est difficile de se dire qu’il peut repartir le jour d’après. En ce moment c’est un peu trop, on arrive facilement à 200 jours d’absence dans l’année", explique-t-elle.

D'après David, les concessions sont également d'ordre professionnel, et impliquent de mettre ses ambitions de carrière entre parenthèses. “Ça brise aussi des carrières, on prend énormément de retard sur la formation. On se met en danger, mais on est aussi des êtres humains” affirme-t-il.

Six agressions en deux ans

Au delà de tous ces sacrifices, les soldats de l'opération Sentinelle se savent en danger. Cible privilégiée des attaques terroristes, six d'entre eux ont été agressés en l'espace de deux ans. Une situation inévitable selon David.

“On sait très bien que s’il y a une attaque, on ne pourra sans doute pas l’empêcher. On est sur la défensive, donc l’initiative est perdue”, précise-t-il.

Céline Penicaud avec Matthias Tesson, Nicolas Flon, Neila Prodhomme et Baptiste Keita