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La députée PS Sylvie Andrieux fait appel de sa condamnation

L'élue des quartiers Nord aurait détourné de l'argent entre 2005 et 2008 pour s'assurer des voix.

L'élue des quartiers Nord aurait détourné de l'argent entre 2005 et 2008 pour s'assurer des voix. - -

La députée socialiste Sylvie Andrieux, condamnée mercredi par le tribunal correctionnel de Marseille à trois ans de prison, dont un ferme, et 5 ans d'inéligibilité, va faire appel. Elle a détourné plus de 700 000 euros de subventions de la région Paca, à des fins électoralistes.

La députée socialiste Sylvie Andrieux a été condamnée mercredi par le tribunal correctionnel de Marseille à trois ans de prison dont deux avec sursis, une amende de 100 000 euros et cinq ans d'inéligibilité pour détournements de fonds publics. Elle a annoncé peu après qu'elle faisait appel de cette condamnation. « Je prends acte d'une décision injuste dont j'ai aussitôt fait appel. Je n'ai commis aucun des faits qui me sont reprochés et je vais consacrer toute mon énergie à en faire la démonstration devant la cour d'appel », a-t-elle déclaré dans un communiqué. Cet appel a un effet suspensif sur sa condamnation mais en attendant, l'élue socialiste devra se mettre « en congé » du PS.
Sylvie Andrieux a été reconnue coupable d'avoir fait verser environ 740 000 euros à des associations fictives de sa circonscription pour obtenir les voix d'électeurs entre 2005 et 2008, lorsqu'elle était vice-présidente du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca). Au procès en mars, où elle avait comparu parmi une vingtaine de prévenus, le procureur Jean-Luc Blachon avait requis à son encontre deux ans de prison avec sursis, 50 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité. Ses avocats avaient dénoncé un dossier « à l'odeur nauséabonde » et un « traquenard politique », plaidant la relaxe. L'élue des quartiers nord, âgée de 51 ans et parlementaire depuis 1997, était poursuivie pour avoir détourné dans les années 2000, à des fins de clientélisme électoral, plus de 700 000 euros de subventions de la région Paca, dont elle fut vice-présidente de 1998 à 2009.

Elue pour un quatrième mandat face au Front national

L'enquête avait été ouverte à la mi-2007 après le signalement à la justice, par la cellule Tracfin du ministère des Finances, de flux financiers suspects sur les comptes d'associations marseillaises censées œuvrer en faveur des quartiers difficiles et de la jeunesse. Elles se sont avérées au final des coquilles vides créées, selon l'accusation, pour rétribuer des personnes ayant aidé Mme Andrieux à s'implanter et à se faire élire, notamment dans le 14e arrondissement de la ville.
Avec celle des frères Guérini, l'affaire Andrieux est de celles qui gênent le PS dans le département. Alors que l'élue était déjà mise en examen depuis deux ans, Solferino lui avait retiré son investiture à la veille des législatives de juin 2012, son renvoi en correctionnelle ayant fuité dans la presse. Cela ne l'avait pas empêchée de remporter un quatrième mandat, de justesse au second tour face au Front national.

La rédaction avec agences