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L'Intérieur refuse tout moratoire sur l'usage du flashball

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- - Bertrand Guay - Pool - AFP

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur a coupé court mercredi à tout débat sur la remise en cause de l'utilisation du flashball, qualifiant un possible moratoire de "contre-productif". Une position soutenue par les policiers après deux incidents survenus dans la même nuit, le 13 juillet, et la recommandation formulée par le Défenseur des Droits.

Le ministre de l'Intérieur juge qu'il serait "contre-productif" de décréter un moratoire sur l'usage des armes de force intermédiaire, comme le Flash-Ball, une mesure réclamée par le Défenseur des Droits, a affirmé mercredi à l'AFP le porte-parole du ministère.

"Un moratoire sur les armes intermédiaires serait contre-productif et pourrait avoir des conséquences dangereuses: nous ne pouvons pas (...) nous permettre de désarmer nos forces de l'ordre", a estimé Pierre-Henry Brandet. Même son de cloche du côté des policiers, avec des représentants pour qui la préconisation passe mal: "Hors de question" d'interdire cette arme non létale.

Mardi, le Défenseur des Droits Jacques Toubon avait annoncé avoir recommandé l'interdiction du flashball lors des manifestations et demandé un moratoire général sur son usage, quel qu'en soit le contexte, au vu de la "gravité des lésions" qu'il peut causer.

Deux incidents en une nuit

Dans la nuit du 13 au 14 juillet, vers 2h du matin, un adolescent qui sortait de la mosquée d'Argenteuil a été touché par un tir de flashball alors qu'il s'amusait à lancer des pétards. Un rapport médical de l'incident a fait état de nombreuses blessures sur le testicule droit, qu'une opération chirurgicale a permis de sauver.

Au cours de cette même nuit, Tarik, 26 ans, aurait été touché par un tir occasionnant une blessure sévère aux Ulis (Essonne). C'était suite à ces deux incidents que le Défenseur a relancé le débat sur l'usage de cette arme non-létale.

Q.D. avec AFP