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L'incendie d'un immeuble du 18e arrondissement de Paris fait 8 morts

Un incendie dans un immeuble d'habitation a fait huit morts, dont deux enfants, dans le 18e arrondissement de Paris mercredi matin. La piste criminelle étant privilégiée, la Brigade criminelle a été saisie de l'enquête.

Huit personnes, dont deux enfants, sont mortes mercredi au petit matin dans l'incendie d'un immeuble dans le nord de Paris, le plus grave depuis 2005 dans la capitale. Alors que la piste criminelle est privilégiée, un homme a été placé en garde à vue, a-t-on appris en fin de matinée. 

> Un incendie d'une rare violence

Le feu s'est rapidement propagé par la cage d'escalier

Le feu s'est déclaré, mercredi avant 5 heures, dans un immeuble de cinq étages situé au 4 de la rue Myrha, dans le 18e arrondissement de Paris, selon des informations obtenues par BFMTV.

Parti du rez-de-chaussée il s'est très rapidement propagé dans les étages vers le toit à travers la cage d'escalier où la fournaise a compliqué l'intervention des pompiers. Sur BFMTV le commandant des opérations des sapeurs-pompiers a qualifié l'intervention "d'assez exceptionnelle".

Jusqu'à une centaine de pompiers mobilisés

Au plus fort de l'intervention, une centaine de pompiers et une vingtaine d'engins ont été mobilisés. Vers 9h30, une quarantaine était encore sur site pour éviter que le feu, bien que maîtrisé, ne reprenne.

> Un "très lourd" bilan, déplore Bernard Cazeneuve

Le feu a fait huit morts, dont deux enfants. Confirmant le "bilan très lourd" de , Bernard Cazeneuve a indiqué que "quatre blessés étaient encore en urgence relative".

Le ministre de l'Intérieur, le préfet de police Michel Cadot ainsi que la maire de Paris Anne Hidalgo et le député Daniel Vaillant étaient rapidement arrivés sur site mercredi matin.

Pour sa part, la maire de Paris Anne Hidalgo a indiqué qu'une "quinzaine de logements" a été touchée par l'incendie.

> Un témoignage effrayant a fait état de défenestrations

D'après un témoin interrogé par BFMTV qui a été réveillé par "des cris d'enfants et de femmes", vers 4 heures de demie du matin, "deux personnes se sont défenestrées" pour échapper aux flammes.

"Des habitants tentaient de rejoindre les autres immeubles en escaladant par les fenêtres. (...) Les habitants criaient et essayaient tant bien que mal de respirer en sortant leur tête par la fenêtre", explique aussi Raphael Norman. 
"L'incendie qui a brûlé trois étages semble éteint. On ne voit plus que la carcasse de l'immeuble", a précisé vers 7 heures ce témoin.

> Un homme en garde à vue, la piste criminelle privilégiée

L'enquête confiée à la Brigade criminelle

S'il a insisté pour dire qu'il était "trop tôt pour déterminer les causes de l'incendie", Bernard Cazeneuve a confirmé "une enquête en cours" et déclaré sur Europe 1 que la piste criminelle était "privilégiée".

Parallèlement, le parquet de Paris a indiqué avoir confié l'enquête à la Brigade criminelle. Un homme d'une trentaine d'années a été interpellé et placé en garde à vue, sur la foi des premiers témoignages et d'images de vidéosurveillance, a-t-on appris mercredi en fin de matinée. "On reste très prudents, ce n'est que le début de l'enquête", a dit une source proche de l'enquête à l'AFP.

Pas un, mais deux départs de feu

Les pompiers et le ministère de l'Intérieur ont fait état de deux départs de feu à deux heures d'intervalle dans ce même immeuble du 4 de la rue Myrha. Porte-parole des pompiers de Paris, le commandant Gabriel Plus a rendu compte de "deux interventions différentes à la même adresse", à 2h23 et 4h30. Le premier était un feu de papiers "limité". Sur BFMTV, le commandant a évoqué "quelques papiers qui brûlent". Les pompiers ont sécurisé les lieux, procédant notamment à un "dégarnissage", autrement dit à l'enlèvement de tout élément risquant de s'enflammer à nouveau.

  • Le ministère évoque "un acte de malveillance"

"Il est évident que quand on a deux appels dans la même nuit, on ne peut pas ignorer que ça peut être un acte de malveillance", a ajouté à ses côtés le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet.

> L'état de l'immeuble ne serait pas en cause

Contrairement à d'autres drames en apparence similaires, la vétusté de l'immeuble n'était nullement en cause.

L'immeuble n'était pas insalubre, selon Hidalgo

"L'immeuble est un immeuble privé", "il ne relève ni du logement social, ni du traitement pour insalubrité", a précisé la maire de Paris Anne Hidalgo au côté du ministre de l'Intérieur.

Ce n'était "pas un squat" précise Cazeneuve

  • Le ministre de l'Intérieur a confirmé sur Europe 1 que l'immeuble "n'était pas du tout un squat", qu'il n'était ni "vétuste", ni "menacé de ruines" et qu'il avait en outre "fait l'objet d'une rénovation récente".

> Emotion au plus haut sommet de l'Etat

Après que Bernard Cazeveuve a dit son "immense tristesse" Manuel Valls a, via Twitter, exprimé "sa compassion aux familles et aux proches des victimes de ce terrible incendie".

Le chef de de l'Etat a également exprimé "toute sa solidarité aux victimes de l'incendie de la rue Myrha" et assuré que "toute est mis en oeuvre pour faire la lumière sur ce drame".

Un communiqué de l'Elysée a réaffirmé cette volonté de percer à jour l'origine du drame et a rendu "hommage aux sapeurs-pompiers de Paris qui ont maîtrisé l'incendie et aux services de secours qui ont pris en charge les blessés".