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Jura: un prêtre jugé pour le viol d'une fidèle handicapée

Le prêtre a dû quitter l'église de Moirans-en-Montagne, dans le Jura, où il officiait.

Le prêtre a dû quitter l'église de Moirans-en-Montagne, dans le Jura, où il officiait. - -

L'homme, âgé de 69 ans, aurait abusé d'une femme de 39 ans, vierge au moment des faits. Le père assure qu'il la pensait consentante.

Moirans-en-Montagne, petit village dans les montagnes, est secoué depuis plusieurs années par une histoire dont le procès s'est ouvert ce mercredi à huis clos devant la cour d'assises du Jura. L'ex-curé de la commune est accusé de viol et d'agressions sexuelles sur une paroissienne très pieuse et vulnérable.

Avant le début de l'audience, le père Daniel Lagnien, 69 ans, légèrement tendu, a discuté avec des connaissances en évitant le regard de la victime présumée. Cette femme discrète de 39 ans, portant de fines lunettes, est restée silencieuse, le regard sombre, assise sur le banc des parties civiles.

La cour a ordonné le huis clos sur demande de l'avocate de la victime, Me Aurélie Degournay, qui l'avait sollicité en raison de la "fragilité" de sa cliente. L'accusé, placé sous contrôle judiciaire, encourt 20 ans de réclusion criminelle pour viol et agression sexuelle de sa paroissienne, qui souffre de troubles psychologiques et de problèmes physiques.

Une vie centrée sur la religion

Retour sur les faits. En juin 2010, lors d'un pèlerinage en Isère, le prêtre fait des avances appuyées à cette femme dont la vie était centrée sur la religion, tentant de l'embrasser à plusieurs reprises en lui caressant les cuisses et le sexe.

Quelques jours plus tard, pour clarifier la situation et lui dire son refus catégorique d'entretenir une relation, la victime accepte de se rendre au domicile du prêtre à Moirans-en-Montagne. Mais celui-ci l'entraîne dans sa chambre et la viole, selon l'accusation.

La paroissienne, qui était vierge avant les faits, affirme qu'elle n'était pas consentante, qu'elle a dit "non". De son côté, le prêtre, après avoir reconnu l'avoir violée durant sa garde à vue, a ensuite assuré devant le juge d'instruction qu'il la croyait consentante. Il a présenté plusieurs lettres d'excuses à sa victime et a proposé un pardon public. Dans son ancien village, où ses prêches étaient très appréciés, beaucoup lui ont déjà pardonné et en veulent à la victime d'avoir tant secoué les habitudes de la petite commune. Le verdict est attendu jeudi.

A. G. avec AFP