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Jour de verdict pour Georges Tron, sept ans après les accusations de viols

Georges Tron le jour de son procès, le 15 novembre 2018 à Bobigny

Georges Tron le jour de son procès, le 15 novembre 2018 à Bobigny - Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP

Six ans de prison ferme sont requis contre l'ex-secrétaire d'État et maire en exercice de Draveil, Georges Tron, pour les viols de deux de ses anciennes employées.

Plus de sept ans après le début de l'affaire ayant entraîné sa démission du gouvernement, l'ex-secrétaire d'État Georges Tron connaîtra ce jeudi le verdict de la cour d'assises qui le juge pour les viols de deux anciennes employées municipales. Virginie Ettel et Éva Loubrieu l’accusent de leur avoir, avec la complicité de la co-accusée Brigitte Gruel, imposé des attouchements et des pénétrations digitales entre 2007 et 2010.

L'avocat général a requis six ans de prison ferme contre Georges Tron, quatre ans contre son ex-adjointe à la Culture, Brigitte Gruel, jugée à ses côtés depuis le 23 octobre aux assises de Seine-Saint-Denis. L'avocat général a également réclamé qu'ils soient déclarés inéligibles pendant cinq ans et inscrits sur le fichier des délinquants sexuels.

Les jurés délibèrent

Comme toujours, le dernier mot de la plaidoirie a été aux accusés. C’est d’abord Brigitte Gruel, l’ex-adjointe au maire, qui s’est avancée à la barre. Silhouette menue, voix frêle, elle a redit son innocence: “Je veux redire que je n’ai pas commis les faits, je suis innocente. Je le dis depuis le premier jour et je fais confiance à la justice”.

Elle s’est ensuite rassise et c’est Georges Tron qui s’est avancé à la barre, inflexible. Après un court silence, il a pris la parole d’une voix assurée: “J’ai passé une année extrêmement difficile, je pense à ma famille. Je sais que mon sort est entre vos mains, j’en suis conscient. Je tiens à dire que je suis innocent des faits reprochés”.

Les jurés se sont ensuite retirés avec la Cour pour délibérer. Ils doivent désormais répondre par “oui” ou par “non” à 19 questions, pour établir la culpabilité ou l’innocence de Georges Tron et Brigitte Gruel.

L’accusé continue d’évoquer un complot politique

Faute d’éléments matériels, le procès a opposé la parole des anciennes employées municipales à celle des accusés. La défense a d’ailleurs exclu tout débat sur la nature, consentie ou non, des relations sexuelles: selon eux, il n’y en a jamais eu. Avantage de taille pour les accusés: il n’y avait aucun ADN, aucun enregistrement audio ou vidéo ni témoin direct des scènes décrites par les plaignantes.

Nombre de témoins ont tout de même défilé à la barre, pour la plupart d’anciens collaborateurs de Georges Tron, pour dénoncer un climat très sexualisé à la mairie de Draveil - ce que l'élu de l'Essonne a qualifié de “calomnies”. Il s’est dit convaincu que les plaignantes avaient été “déçues” de ne pas obtenir ses faveurs amoureuses et avaient été manipulées par ses ennemis politiques, les frères Philippe et Jacques Olivier, figures centrales de l’ex-Front national.

Cette théorie du complot a tenu la défense tout au long du procès. Il faudra attendre le verdict pour savoir si elle aura su emporter la conviction des jurés.

M.J. avec Alexandra Gonzalez