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Police-Justice

"Je pense à te décapiter": deux députées de la majorité menacées de mort

La députée de la majorité Agnès Firmin-Le Bodo à l'Assemblée nationale, en avril 2019

La députée de la majorité Agnès Firmin-Le Bodo à l'Assemblée nationale, en avril 2019 - Christophe Archambault - AFP

Agnès Firmin-Le Bodo, élue de Seine-Maritime, également porte-parole du nouveau parti d'Édouard Philippe, a partagé ce dimanche sur twitter un e-mail la menaçant de mort. Quelques heures plus tard, une autre parlementaire, elle aussi cadre du parti Horizons, a fait état du même type de menaces.

"Il ne faut rien laisser passer, ne pas s'habituer." C'est par ses mots qu'Agnès Firmin-Le Bodo a annoncé, ce dimanche, avoir été la cible de menaces de mort. La députée de Seine-Maritime, encartée chez Horizons le nouveau parti d'Édouard Philippe, a partagé sur Twitter un e-mail dans lequel une personne affirme penser "sérieusement" à la "décapiter".

"La raison? Ta collaboration, des têtes doivent tomber, et je suis prêt à venir te trancher la tête montrer ma fermeté face à ta dictature" affirme encore l'individu anonyme, se présentant sous le pseudo de "liberteforte".

"Face à cette montée de violence envers les élus, il est urgent que la classe politique dans son ensemble agisse", commente l'élue parlementaire, alliée à la majorité. "C’est bien notre démocratie qui est en danger", conclut celle qui est également la porte-parole du parti de l'ancien Premier ministre, sans préciser si elle a déposé une plainte ou non.

Naïma Moutchou visée par des menaces similaires

Dans la soirée, Naïma Moutchou, députée élue dans le Val-d'Oise et elle aussi cadre de Horizons, a fait elle aussi part de menaces dont elle a fait l'objet. Et celles-ci sont formulées dans des termes similaires. "Tu ne mérites que des rafales de balles à ton domicile et de te faire couper la tête", a écrit son destinateur dans un mail constellé de coquilles.

L'élue a commenté: "Nous sommes de nombreux élus à recevoir menaces de mort et intimidations pour tenter d’influencer nos votes. Ne cédons rien à ceux qui voudraient que la violence prenne le pas sur la discussion dans le débat public. C’est la démocratie qui se joue."

"La bataille des idées est devenue un combat de rue"

Quelques heures plus tôt, dans les colonnes du Journal du dimanche, une autre députée s'est exprimée au sujet des violences et des menaces commises à l'encontre des élus. La députée LaREM Aurore Bergé a appelé à un "front commun contre la violence dans le débat public" et demande des sanctions "à la hauteur de la violence des menaces".

"J'appelle au front commun contre la violence dans le débat public. On s'y est trop habitué, la bataille des idées est devenue un combat de rue", a affirmé dans le JDD l'élue des Yvelines, elle-même victime de menaces, avant de déplorer "une forme de faiblesse dans la réponse de la société et de certains responsables politiques".
https://twitter.com/jmaccaud Jérémy Maccaud Chef d'édition BFMTV