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Jawad Bendaoud, expulsé d'une audience avant son procès, ne bénéficiera pas d'un huis-clos

Jawad Bendaoud

Jawad Bendaoud - BFMTV

Poursuivi pour "recel de malfaiteurs terroristes", celui que l'on présente comme le "logeur" des jihadistes du 13-Novembre assistait à une audience-relais, ce lundi, avant son procès. Il s'est distingué en insultant le tribunal et un avocat des parties civiles, avant d'être expulsé.

Ses avocats souhaitaient lui obtenir un aménagement, avant qu'il ne soit jugé. Il n'en sera rien. Jawad Bendaoud comparaissait, ce lundi, à une audience-relais au tribunal de grande instance de Paris. Principal intérêt de ce rendez-vous, examiner "les mesures de sûreté" entourant les prévenus et d'autres questions procédurales avant le vrai procès qui se déroulera, lui, du 24 janvier au 14 février 2018.

Un huis-clos contre ses coups d'éclats?

L'occasion, pour les conseils de celui qui est présenté comme le logeur des terroristes du 13-Novembre, de demander à ce que l'audience à venir se déroule à huis-clos afin de "préserver son intimité". Mais aussi, selon son avocate, d'éviter que le procès ne soit pas émaillé par les coups d'éclats désormais coutumiers de leur client.

Une plaidoirie mise à mal par Jawad Benadoud lui-même. En pleine séance, ce dernier s'est de nouveau emporté, en hurlant: "Vous avez pété les plombs, vos conneries ça va deux minutes", pour ensuite se lever, enfiler sa veste, et demander à sortir. En train d'être expulsé, il a ajouté, entre deux noms d'oiseaux:

"Je ne veux pas assister à ce procès, avec vos dossiers à charge et vos trafics d'écoutes téléphoniques."

Avant de s'écharper avec un autre prévenu présent dans la salle. Une fois dehors, il était encore possible de l'entendre crier. Une séquence qui provoquera les soupirs de ses avocats, comme ceux des parties civiles.

"Ce tribunal ne se prosternera pas"

A la suite de cette énième scène, la demande de huis-clos a été rejetée par la présidente: "Ce tribunal ne se prosternera pas devant Monsieur Bendaoud." Qui restera également en détention provisoire, cette dernière venant d'être prolongée jusqu'au 21 décembre, date de la prochaine audience-relais. "Libre à lui de décider s'il veut venir faire son numéro", a ajouté la présidente du tribunal.

Accusé d'avoir fourni l'appartement de la rue Corbillon à Saint-Denis à deux membres du commando des terrasses, Jawad Bendaoud a d'abord été mis en examen pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" dans le cadre de l'enquête sur les attentats du 13 novembre 2015. Son cas a par la suite été disjoint de la procédure principale. Il est désormais poursuivi pour "recel d'auteurs ou complices d'actes de terrorisme et non dénonciation de crime terroriste", au même titre que Mohamed Soumah et Youssef Ait-Boulahcen.

Depuis son interpellation, Jawad Benadoud a toujours nié avoir été au courant qu'il hébergeait certains des auteurs des attentats. Arrêté le jour même de l'assaut à Saint-Denis, il adoptera un comportement particulièrement virulent en garde à vue, où il détruira un ordinateur des policiers. Par la suite, il s'en prendra aux juges dans une lettre dans laquelle il refuse d'être pris pour un "bouquet missaire", avant de tenter d'incendier sa cellule. Il ira même jusqu'à se mettre à dos ses codétenus, qui se plaindront de l'entendre crier en permanence.

Jé. M. avec Justine Chevalier et Patrick Sauce