BFMTV

"J'étais à bout", confie l'octogénaire jugé pour avoir tué sa femme atteinte d'Alzheimer

Image d'illustration

Image d'illustration - AFP

Le procès d'un octogénaire, accusé d'avoir tué sa femme atteinte de la maladie d'Alzheimer, s'est ouvert ce jeudi devant la cour d'assises de l'Isère. Il risque la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu dans la journée.

Un drame qui prouve la difficile situation des proches des malades atteints d'Alzheimer. Un homme, âgé de 81 ans, est jugé actuellement pour le meurtre de femme, atteinte de la maladie, par la cour d'assises de Grenoble, en Isère. Il est accusé d'avoir étouffé, en 2015, son épouse dont il s'occupait 24h/24. Le verdict doit être rendu ce vendredi.

Un quotidien difficile

"Je n’avais plus la force de m’occuper seul de ma femme. J'étais épuisé moralement et physiquement. Et je l'ai étouffée", confie Hubert Ougier, l'accusé, à RTL. Depuis quatre ans, sa femme, Nicole, souffre de la maladie d'Alzheimer.

Au quotidien, son époux doit faire face aux conséquences. "Elle était dure avec moi, elle pouvait me disputer parce que j'avais mis trop de temps pour faire les courses", confie-t-il au tribunal, avant d'expliquer la dépendance de sa femme, comme le rapporte France Bleu Isère.

"J'étais à bout. Je ne comprends pas pourquoi j'ai fait çà, je regrette", poursuit l'octogénaire.

Tentative de suicide

Le 29 octobre 2015, Hubert Ougier n'en peut plus. Son épouse a toujours refusé toute aide à domicile. Lui, dépressif et sous traitement, ne supportait plus de constater, chaque jour, la dégradation de son état de santé. Après une nuit blanche, il explique avoir vu un oreiller et a étouffé sa femme Nicole avec. Ensuite, il a tenté de se suicider en s'ouvrant les veines.

"J'ai vu l'oreiller et je l'ai plaqué contre son visage, je ne sais pas pourquoi", détaille-t-il, exprimant ses regrets. "J’en veux surtout à la maladie de ma femme", poursuit l'homme.

Désormais, il réclame la clémence de la justice. Dans ce combat, son fils le soutient. "Il a beaucoup fait pour ma mère", reconnait-t-il. Hubert Ougier, dont le sort doit être scellé dans la journée, assumera ses actes. "Je n’ai pas du tout envie d’aller en prison", livre-t-il. "Mais si je dois y aller, j’irai."

J.C.