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Insultes contre les femmes : Orelsan condamné à 1000 € d'amende avec sursis

Orelsan a été condamné pour injure et provocation à la violence à l'égard des femmes.

Orelsan a été condamné pour injure et provocation à la violence à l'égard des femmes. - -

« Mais ferme ta gueule ou tu vas t'faire marie-trintigner », ce n'est qu'une des charmantes expressions employées par le rappeur Orelsan et qui lui valent 1000 euros d'amende avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris.

Le rappeur Orelsan a été condamné vendredi à 1000 euros d'amende avec sursis pour injure et provocation à la violence à l'égard des femmes par le tribunal correctionnel de Paris pour certains passages de ses chansons.
Poursuivi par des associations féministes, il a été condamné pour injure en raison de l'expression « les meufs c'est des putes » et pour provocation à la violence notamment pour les termes « mais ferme ta gueule ou tu vas t'faire marie-trintigner ». Parmi les propos poursuivis, on peut encore citer : « Je te quitterai dès que je trouverai une chienne avec un meilleur pédigree », ou « si t'es gourmande je te fais la rondelle à la margarine », interprétés lors d'un concert au Bataclan à Paris le 13 mai 2009. Les Chiennes de garde, le collectif féministe contre le viol, la Fédération nationale solidarité femmes, Femmes solidaires et le Mouvement français pour le planning familial, ont attaqué le rappeur de 30 ans. A la barre du tribunal correctionnel le 21 mars, Oreslan - Aurélien Cotentin de son vrai nom - avait répété qu'il s'agissait bien de « fiction ». Loin de « faire un discours politique », Oreslan avait dit qu'il s'agissait bien de chanson, mais qu'il n'était pas en train de donner son avis, soulignant qu'il n'avait jamais tenu de propos misogyne en interview.

Une première jurisprudence

L'avocat du rapeur, Maître Simon Tahar, a déploré que le tribunal ait « permis d'ouvrir la voie large, grave, à la censure de la création artistique ».
Le parquet s'était prononcé pour la relaxe, a souligné l'avocat, ajoutant qu'un précédent jugement, concernant sa chanson « Sale pute », au cœur d'une vive polémique en 2009, avait relaxé son client. Maître Alain Weber, conseil des cinq associations qui ont poursuivi le rappeur - le collectif féministe contre le viol, la Fédération nationale solidarité femmes, Femmes solidaires et le Mouvement français pour le planning familial - s'est quant à lui déclaré « satisfait pour le combat de la dignité des êtres humains ». Selon le magistrat, ce jugement de la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris crée une « première jurisprudence » sur le texte sanctionnant « l'incitation à la violence du fait du sexe ».

La Rédaction, avec AFP