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Infirmière chassée de son logement par crainte du coronavirus: ses propriétaires jugés en juin

Mélina Florès, infirmière à Montpellier.

Mélina Florès, infirmière à Montpellier. - BFMTV

Une infirmière de Montpellier avait été contrainte de quitter son logement après avoir subi des pressions de la part de sa propriétaire qui occupe le logement à l'étage supérieur. Cette dernière craignait de contracter le coronavirus.

Eau chaude et chauffage coupés, propos choquants... Mélina Flores, infirmière au CHU de Montpellier, avait dû quitter son logement à la fin du mois de mars après avoir subi des pressions de la part de ses propriétaires. Le couple, qui craignait de contracter le coronavirus, a été placé en garde à vue et comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Montpellier le 29 juin prochain.

Infirmière au service réanimation du CHU de Montpellier, Mélina Flores avait décidé de s'installer dans le petit appartement occupé habituellement par sa fille dans la ville. Afin de protéger du virus son conjoint, sa fille et sa mère, résidente d'une maison de retraite, elle les avait installés dans son logement à Montarnaud, à une quinzaine de kilomètres de son logement. Ses propriétaires, qui habitent un appartement au-dessus de chez elle, sont prévenus, et ne s'opposent pas à cette solution trouvée par l'infirmière.

"On s'en fout que vous attrapiez le virus"

Rapidement les choses dégénèrent: "Elle était énervée, elle ne voulait rien savoir, a raconté à BFMTV Mélina Flores. Elle voulait qu'ils dégagent, qu'elle ne voulait pas d'eux chez elle." Les propriétaires coupent l'eau chaude ainsi que le chauffage. "Elle disait qu'elle était fragile, que ces personnes allaient lui apporter le virus", poursuit l'infirmière. Des mots encore plus forts sont prononcés par les propriétaires.

"Ils ont dit 'on s'en fout que vous attrapiez le virus et que vous mourriez avec, du moment que vous ne mourrez pas chez nous'", confie Mélina Florès, contrainte de faire déménager sa famille.

L'infirmière contacte les gendarmes de Castelnau le Lez le 31 mars. Une enquête préliminaire a été ouverte le 2 avril et à l’issue des premières investigations, les propriétaires de l’appartement ont été placés en garde à vue. Le parquet de Montpellier leur a notifié ce mercredi leur convocation en vue d'une prochaine comparution pour "emploi de voies de fait ou contrainte pour forcer des personnes à quitter leur lieu d’habitation", "harcèlement moral", "atteintes à l’intimité de la vie privée" et "dégradations volontaires légères".

Justine Chevalier