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Il avait tenté de maquiller son crime: un homme jugé pour le meurtre de sa compagne

Kevin V. est jugé par la cour d'assises de Melun pour "meurtre".

Kevin V. est jugé par la cour d'assises de Melun pour "meurtre". - Martin Bureau

Un homme est jugé à partir de ce mercredi par la cour d'assises de Melun pour avoir tué sa compagne en 2018. Il avait tenté de maquiller ce crime en agression par deux autres hommes.

"Encore une femme qui est morte sous les coups d'un homme", se désole une source proche du dossier. Depuis ce mercredi matin, et jusqu'à vendredi, un homme est jugé pour le meurtre de sa compagne, tuée sous ses coups en mars 2018. Ce dernier comparaît devant la cour d'assises de Melun et encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Quand ils se rencontrent en 2016, Kevin V. et Céline A. ont chacun des enfants, lui deux d'une précédente union, elle une petite fille. La jeune institutrice est alors très éprise de son nouveau compagnon. Le couple baigne pourtant dans un climat de drogue et d'alcool. Ses proches assistent "à une sorte de descente aux enfers", estime auprès de BFMTV.com Me Frédéric Grilli, l'avocat de la fillette de la victime, âgée de 7 ans au moment des faits.

"Elle vivait dans un climat de terreur, abonde une source proche du dossier. Il y avait une emprise, c'était comme un étau qui s'est refermé sur elle."

Il tente de maquiller les faits

Dans la nuit du 24 au 25 mars 2018, à leur domicile de Lizines, en Seine-et-Marne, Kevin V. avait beaucoup bu, elle aussi avait consommé un peu d'alcool. Ce soir-là, les gendarmes vont croiser Kevin V. au bord de son véhicule stationné au milieu de la route. Le corps de sa compagne est allongé sur le bord de la route. Transportée à l'hôpital, Céline A. va succomber à ses blessures le lendemain.

Le trentenaire va raconter aux officiers que deux personnes, des connaissances, ont vandalisé son domicile avant de s'en prendre à Céline, en raison d'une dette de stupéfiants. Il dit alors avoir voulu la transporter à l'hôpital. Les gendarmes qui vont se rendre sur place vont constater que le pavillon du couple est saccagé. La porte d'entrée est cassée, les vitres sont brisées, tout a été mis sens dessus dessous. Seule la chambre des enfants semble avoir été épargnée.

Rapidement, la version du concubin ne tient pas au vu des éléments relevés par les enquêteurs. L'emploi du temps de Kevin V. ne correspond pas, les coups reçus par la jeune femme non plus. Le rapport d'autopsie va révéler un véritablement déferlement de coups, un acharnement sur certaines parties du corps. Confronté à ces éléments, Kevin V. va reconnaître les coups, mais va nier avoir eu l'intention de tuer sa compagne. Il est mis en examen le 26 mars 2018.

Déferlement de coups

Aux enquêteurs et au juge d'instruction, l'homme, déjà condamné pour des violences sur son ex-compagne, va expliquer avoir eu une crise de jalousie au cours de laquelle il a d'abord poussé Céline A. et lui aurait donné une giffle. Il évoque lui avoir jeté dessus un rétroprojecteur et la tête de la jeune femme aurait cogné le coin du lit. Autant d'indications qui ne correspondent pas aux traumatismes crâno-facial et thoracique relevés sur le corps de la victime par l'autopsie.

"Il n'y a pas eu un coup mortel, elle est tombée sur l'angle d'un lit, elle saignait du nez, mon client l'a emmenée pour qu'elle soit soignée, insiste Me Pierre Farge, l'avocat de la défense. Tout l'enjeu va être de démontrer qu'il n'avait pas l'intention de la tuer. Oui ils se sont battus, il est prêt à assumer ses responsabilités mais il veut aussi que les jurés apprécient la nuance."

Pendant l'instruction, Kevin V. a tenté de minimiser son rôle dans la mort de Céline A., qui avait déjà déposé une main courante et une plainte contre lui pour des violences. Au juge, il a raconté que sa compagne avait un organisme qui marquait beaucoup. Une expertise demandée par le magistrat instructeur a rejeté cet élément. "Il s'est défaussé sur pas mal de gens, commente Me Frédéric Grilli. L'idéal, c'est qu'il reconnaisse davantage son implication."

https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier Journaliste police-justice BFMTV