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Hyères : hommage aux gendarmes tuées

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Ce vendredi matin à Hyères (Var), un hommage national, en présence du ministre de l'Intérieur Manuel Valls, a été rendu aux deux femmes gendarmes tuées dimanche soir alors qu'elles intervenaient sur un différend à la suite d'un vol à Collobrières dans le Var.

La douleur est immense face à ces premiers meurtres de femmes gendarmes en France. Un hommage national a été rendu ce vendredi matin à Alicia Champlon et Audrey Berthaut. Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls était sur place, le président François Hollande y était représenté par son directeur de cabinet adjoint, Alain Zabulon.

« La France entière est dans la peine »

« Aujourd'hui, c'est (...) la France tout entière qui est dans la peine et s'incline avec respect et infinie gratitude », a déclaré Manuel Valls. « Ces deux jeunes femmes gendarmes étaient à l'image de tous les gendarmes de France, de ces militaires qui, chaque jour, portent l'uniforme avec fierté et dignité, et accomplissent leur mission de sécurité publique », a-t-il ajouté. Au même moment, dans chaque unité de gendarmerie, des cérémonies d'hommage étaient également organisées, avec un message officiel identique lu dans chaque unité, et une minute de silence observée. Et pour la première fois, la population civile a pu venir dans ces gendarmeries s'associer aux cérémonies. Un rassemblement silencieux s'était tenu jeudi à 19h15 sur l'une des places de Pierrefeu, commune située à la porte du massif des Maures où étaient en poste les deux victimes. Au centre de la place étaient disposées les photos de Alicia Champlon, adjudante de 29 ans, et d'Audrey Berthaut, maréchal des logis-chef et mère de famille de 35 ans. Leur famille et environ 400 habitants étaient présents.

« On ne pourra pas lui pardonner »

De son côté, Chaouki Boumezaar, le frère du meurtrier présumé, ne trouve aucune excuse à son frère, il s’associe à la douleur des victimes : « Personne ne peut imaginer qu’un être humain puisse enlever deux vies de cette manière-là. Quand c’est votre frère c’est encore plus terrifiant. On va devoir vivre avec ça toute notre vie. On ne pourra pas lui pardonner. Ce drame a entaché toute la famille. Je peux faire ce que je veux : crier ma désolation, envoyer des lettres, appeler les familles des victimes. Ça ne sert à rien. Il faut qu’on soit respectueux. Mon frère a fait mal à tout le monde ».

«Il arrive ça à ma femme, je pète un plomb »

Farid est l’un des meilleurs amis du meurtrier présumé. Depuis le drame, il se dit abasourdi et tient à affirmer sa solidarité avec les familles des victimes : « Je me permets de parler pour les jeunes du quartier : tout le monde est choqué ! Ils n’en croient pas leurs yeux qu’un tel drame se soit passé ici. Bien sûr, ils soutiennent les familles des gendarmes. On compte faire une marche silencieuse pour les victimes car tout le monde ici veut prouver qu’il est contre la violence et ces actes gratuits. J’ai trente ans moi, deux enfants, ma femme va travailler et il lui arrive ça : je pète un plomb ».

La Rédaction avec Lionel Dian