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Huit ans de prison requis contre l'ex-policier qui a tiré sur des voleurs de magrets

Six personnes soupçonnées d'avoir incendié un abattoir devant la justice

Six personnes soupçonnées d'avoir incendié un abattoir devant la justice - AFP

Poursuivant des voleurs de magrets de canard, l'ancien policier avait fait feu à sept reprises. Le verdict doit être rendu vendredi après-mid.

Huit ans de prison ont été requis vendredi à Evry devant les assises de l'Essonne à l'encontre d'un ex-policier "cow-boy", qui avait tiré sept fois sur des voleurs de magrets de canard en fuite.

L'avocat général a demandé à la cour "une peine lourde, qui lui permettra de comprendre la gravité des faits". Car après huit ans d'instruction et trois jours de procès, Gwenaël L. est toujours "dans le déni" de cet acte "complètement disproportionné", un déni qui le rend "dangereux", a-t-il estimé.

En 2011, l'ancien policier -39 ans à l'époque- avait décidé alors qu'il était hors service de pourchasser des voleurs qui avaient pris la fuite après avoir volé deux magrets de canards dans un supermarché de Limours (Essonne) en grimpant à l'arrière d'une fourgonnette qui les attendait sur le parking.

Course poursuite 

Au volant de sa voiture, bras passé par la fenêtre, Gwenaël L. avait tiré à plusieurs reprises en direction des fuyards. Une balle traverse le bras du premier voleur, finit dans la cuisse du second. Le premier, blessé au bras, a gardé des séquelles. 

La fourgonnette s'arrête, l'un des voleurs en descend. "J'ai trois enfants, pourquoi tu nous tires dessus ?", implore le jeune homme, comme le rappelle l'avocat général. Le policier sort de sa voiture et en marchant dans leur direction, tire à nouveau à trois reprises.

Gwenaël L. lui, en dépit des mots des fuyards et de témoins et des expertises balistiques, tous concordants, a continué à soutenir une version "farfelue" : la fourgonnette a reculé soudainement sur sa voiture et, se sentant en danger, il a tiré sept fois de suite.

L'accusé décrit comme "impulsif" et imprévisible

"Il n'écoute rien, il est renfermé dans sa vérité", déplore l'avocat général, qui rappelle les témoignages d'anciens collègues décrivant un homme "qui manque d'humilité, imprévisible, impulsif", "capable de débloquer, de commettre des actes hallucinants" comme pointer son arme sur un collègue pour mimer ce qui arriverait si quelqu'un au commissariat s'adressait à sa femme, ou "jouer les cow-boys" en prenant en chasse des automobilistes alors qu'il n'est pas en service.

Dans sa plaidoirie, la défense a mis l'accent sur "la responsabilité de la police". "Tout le monde explique qu'on a tout de suite su qu'il y avait un problème", mais personne n'a rien fait dit-elle, soulignant que son client avait été "lâché à une vitesse sidérante" par sa hiérarchie.

Le verdict est attendu dans l'après-midi.

Guillaume Dussourt avec AFP