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Homme tué à Pau: déjà condamné à deux reprises, l'auteur présumé a reconnu les faits

Le Soudanais de 38 ans a dit en garde à vue qu'il repprochait à la structure d'accueil sa situation de "déshérence" après sa sortie de prison.

Au lendemain de l'agression mortelle qui s'est déroulée à Pau dans le département des Pyrénées-Atlantiques, Cécile Gensac, procureure de la République de la ville, a fait le point sur le dossier ce samedi matin.

Deux condamnations

Elle a expliqué que le principal suspect, un Soudanais âgé de 38 ans, connu des services de police, avait été condamné à deux reprises depuis 2017. Un casier judiciaire chargé, qui lui avait valu deux convocations par l'Ofpra "pour la suppression de son statut de protection suite aux condamnations pénales prononcées". Arrivé en France en 2015, il devait être expulsé du pays dans les jours à venir.

"L’intéressé faisait l’objet d’une incarcération à la maison d’arrêt de Pau du 25 janvier 2017 au 7 juillet 2018. Son casier judiciaire mentionne deux condamnations, l’une du tribunal correctionnel de Pau, datée du 26 janvier 2017, sur jugement en comparution immédiate à une peine de deux ans d’emprisonnement, dont six mois assortir d’un sursis, pour des faits de violences aggravées par deux circonstances, fait du 23 janvier 2017, dans le cadre de violences réciproques avec un autre résident du foyer", détaille-t-elle.

La seconde condamnation a été prononcée pour d'autres faits de violences, survenus durant la détention du suspect.

"La peine a été exécutée le 13 mars 2018, après refus d’une libération sous contrainte du juge d’application des peines et le retrait d’un crédit de réduction de peines en sanction de faits de violences commis en détention. Ces derniers faits lui ont valu sa seconde condamnation, prononcée par le tribunal correctionnel de Pau en date du 14 août 2017. Six mois d’emprisonnement ont été prononcés pour violences avec arme ayant entraîné une ITT inférieure à 8 jours, s’agissant de faits du 9 août 2017 durant sa détention", ajoute-t-elle.

"Déshérence"

Sur le fond du dossier, le suspect a reconnu les faits et sera présenté dès dimanche au juge d'instruction en vue d'une mise en examen et d'un placement en détention provisoire. Pour l'heure, l'homme est conservé en garde à vue pour "assassinat". Il n'était pas connu par les services de renseignement pour une éventuelle radicalisation. En outre, toute intention terroriste est désormais écartée.

Selon la procureure, l'homme se trouverait en "déshérence" depuis sa sortie de prison et souhaitait "obtenir auprès de la structure un papier à l'intention de l'OFpra afin de maintenir sa présence en France." Arrivé en France en 2015, sa crainte aurait été de retourner au Soudan en raison des guerres locales.

"Il nourrit des reproches à l’encontre de la structure considérant que sa situation n’a pas été correctement traitée", conclut Cécile Gensac.
https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV