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Hénin-Beaumont: l'ex-maire Gérard Dalongeville au tribunal

L'ancien maire d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) Gérard Dalongeville.

L'ancien maire d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) Gérard Dalongeville. - -

Le procès pour détournements de fonds publics de l'élu PS s'ouvre lundi après-midi devant le tribunal correctionnel de Béthune. Particularité: Gérard Dalongeville a fait citer François Hollande à témoigner.

Après les affaires Cahuzac, Andrieux, Guérini et Kucheida, c'est un nouveau dossier dont se serait bien passé le PS. Le procès pour détournements de fonds publics de l'ancien maire PS d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Gérard Dalongeville, s'ouvre lundi. Avec une particularité: l'élu a fait citer à témoigner le président François Hollande.

Gérard Dalongeville, 42 ans, maire de 2001 à 2009, un temps sous l'étiquette socialiste, est renvoyé lundi après-midi devant le tribunal correctionnel de Béthune pour "détournement de fonds publics", "faux et usage de faux", "favoritisme" et "corruption", des délits passibles de dix ans de prison et 150.000 euros d'amende.

La venue de Hollande très peu probable

En cours d'instruction, après huit mois de détention provisoire, Gérard Dalongeville avait dénoncé un "financement occulte" dans la fédération socialiste du Pas-de-Calais, l'une des plus puissantes de France, dans des lettres adressées à la justice qui ont entraîné l'ouverture d'une enquête préliminaire.

Estimant que François Hollande, alors premier secrétaire du PS, ne pouvait pas "ne pas savoir", il l'a appelé depuis à témoigner à la barre. Une "invitation" qui devrait être déclinée par François Hollande, avait indiqué l'Elysée le 3 mai. "Il y a 99% de chance qu'il ne vienne pas" au procès, prévu jusqu'au 14 juin, a déclaré Gérard Dalongeville, prévenant qu'il allait faire citer d'autres témoins.

Système de fausses factures présumé

Gérard Dalongeville comparaît aux côtés de 20 autres prévenus, dont son ancien premier adjoint chargé des finances de 2001 à 2008, Claude Chopin, et un homme d'affaires, Guy Mollet.

Les trois hommes sont soupçonnés d'avoir mis en place un système de fausses factures entre 2006 et avril 2009, au bénéfice de sociétés qui n'ont jamais honoré les prestations correspondantes, pour un montant qui pourrait atteindre quatre millions d'euros.

Gérard Dalongeville assure qu'il "n'y a aucun élément" contre lui dans le dossier, et que les délits qui lui sont reprochés "(vont) tomber au tribunal".

Selon lui, c'est son ancien adjoint qui était derrière les marchés publics passés par la commune et l'argent récolté était destiné à alimenter les caisses du PS local, des "accusations" que conteste "complètement" Claude Chopin, selon son avocate, Me Blandine Crunelle.

Gérard Dalongeville avait été mis en examen en avril 2009, un an après sa réélection face à Marine Le Pen (FN). Il avait été par la suite révoqué de son mandat de maire en conseil des ministres, et exclu du Parti socialiste.


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