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Hauts-de-Seine: un aide-soignant jugé pour le viol d'une patiente

L'hôpital Foch de Suresnes

L'hôpital Foch de Suresnes - Wipédia

Le prévenu accusé d'avoir abusé d'une patiente en 2015 à l'hôpital Foch de Suresnes a reconnu à son procès une grande partie des faits.

Il est accusé d'avoir abusé d'une patiente dans le cadre de son travail: le procès d'un aide-soignant de 32 ans, jugé pour agressions sexuelles et viol en 2015 à l'hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine), s'est ouvert ce jeudi aux assises de Nanterre.

La patiente, aujourd'hui âgée de 32 ans, avait porté plainte au commissariat en novembre 2015, deux mois après son hospitalisation dans le service de neurologie de cet hôpital situé à l'ouest de Paris.

À la barre, la jeune femme a décrit les discussions que le soignant cherchait à avoir avec elle, les compliments, puis les attouchements et le viol, au cours de trois nuits dans sa chambre d'hôpital, où elle séjournait pour une possible récidive d'une maladie neurologique. "Depuis, j'essaye de me reconstruire, c'est pas facile, mais c'est possible", a souligné avec pudeur la jeune femme, qui était au moment des faits cadre dans une entreprise d'informatique après un parcours scolaire brillant.

Interpellé en 2017

Une psychologue, qui l'a examinée en janvier 2018, a souligné les symptômes de "stress post-traumatique" dont elle a souffert, estimant que le fait de "ne pas avoir été crue", notamment à l'hôpital, était "une sorte de double atteinte".

L'aide-soignant avait été mis à pied puis licencié peu après les faits par l'hôpital à la suite du témoignage d'une autre patiente, qui s'était plainte de gestes "inappropriés". Il a cependant été interpellé un an et demi plus tard, en mars 2017, car une expertise de la victime n'avait pas été rendue, a précisé à l'audience le policier responsable de l'enquête. 

Comme en garde à vue, l'ancien aide-soignant, grande silhouette en chemise noire dans le box, a reconnu à son procès une grande partie des faits. En détention, "j'ai pris l'ampleur de la gravité des faits que j'ai commis", a-t-il assuré.

Licencié en 2014

Après un BEP dans le domaine de la santé puis un diplôme d'aide-soignant, l'accusé a travaillé dans plusieurs maisons de retraite, cliniques et hôpitaux de l'ouest de la région parisienne. En 2014, il avait été licencié après un geste violent sur un enfant dans un établissement - pour lequel il a été plus tard condamné à 6 mois avec sursis. En 2015, après les faits jugés aux assises à Nanterre, il a dû quitter une autre structure pour des propos et gestes violents sur un patient âgé. 

Interrogés au cours de l'enquête, ses anciens collègues ont décrit un homme "timide", "immature", plusieurs d'entre eux évoquant un comportement "déplacé" avec certaines patientes. L'accusé comparaît jusqu'à vendredi soir pour "agression sexuelle sur personne vulnérable" et "par personne abusant de l'autorité de sa fonction", ainsi que "viol sur personne vulnérable". Il encourt 20 ans de réclusion criminelle.

Paul Louis avec AFP