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Haute-Savoie: il se faisait passer pour un espion pour garder ses deux femmes

(photo d'illustration)

(photo d'illustration) - AFP

Un homme d'une quarantaine d'années, originaire d'Annecy, s'est inventé une vie d'espion à la DGSE pour pouvoir dissimuler sa bigamie à ses deux épouses.

Le stratagème était bien élaboré. Un homme habitant Annecy, en Haute-Savoie, s'est fait passer pour un espion auprès de sa femme, pendant plusieurs années, pour pouvoir dissimuler sa relation avec une autre femme, qu'il avait également épousée, a révélé Le Point, lundi.

Un faux acte de divorce 

Dans cette affaire, qui sera bientôt jugée par le tribunal correctionnel d'Annecy, cet homme âgé d'une quarantaine d'année a fait usage de faux documents à de multiples reprises, pour pouvoir mener sa double vie. Face aux juges, il devra donc répondre de faits de bigamie, d'usage de faux documents administratifs, notamment un faux contrat de divorce, faux et usage de faux en écriture publique et privée, et pour escroquerie. Informaticien de profession, il est en effet parvenu à nouer deux contrats de mariage, sans jamais avoir divorcé de l'une ou l'autre de ses épouses.

La vaste escroquerie est mise à jour par sa première épouse, qui est aussi la mère de ses trois enfants, à l'été 2015. C'est en se rendant à la Caisse d'allocations familiales qu'elle apprend que son divorce a été prononcé deux ans plus tôt, par le tribunal d'instance de Marseille. L'acte de divorce lui est même présenté. Au bas du document, sa signature, falsifiée. Chez elle, elle découvre dans les affaires de son mari une déclaration d'impôts remplie avec une autre femme, avec laquelle il serait domicilié à Lyon.

Nombreuses absences 

L'épouse bafouée décide alors de prévenir les gendarmes, et remonte le fil des mensonges. Avant leur mariage, en 2003, son mari lui avait expliqué qu'outre son travail d'informaticien, il occupait un poste au sein de la DGSE. Un mensonge, qui lui a permis de justifier de très nombreux faux déplacements à l'étranger, et donc des absences très fréquentes, qui lui permettaient de voir sa seconde femme.

Selon sa première épouse, il n'a ainsi regagné le domicile familial que quelques heures "de temps en temps" entre 2013 et 2015. Face aux interrogations de son épouse, il reste évasif et joue la culpabilisation. Un week-end passé avec sa seconde femme au sein du domicile familial, alors que l'épouse "officielle" s'était absentée, achève de confondre l'homme à la double vie.

Vie parallèle

Interrogé en 2015, après la plainte de sa première femme, il a avoué les faits face aux gendarmes, reconnaissant notamment s'être inventé une vie d'espion afin de pouvoir vivre une relation parallèle avec une autre femme, rencontrée sur Internet en 2011. Une femme avec laquelle il s'est installé à Lyon, ce qui explique ainsi ses nombreuses absences d'Annecy, et qu'il a épousée en 2013.

Cette seconde épouse, quant à elle, ignorait tout de la vraie vie de son amant. Persuadée qu'il avait divorcé de sa première femme, elle n'avait jamais remarqué ses manipulations.

"Il n’a pas voulu choisir entre son épouse et sa maîtresse. Et il n’était pas question pour lui de laisser tomber sa famille", explique son avocat, Manuel Abitbol, cité par Le Dauphiné. "Il ne nie aucun des mensonges qui lui sont reprochés et assume, notamment, l’accusation de bigamie. Par contre, il paie bien les pensions alimentaires et a remboursé tous les crédits qu’il a engagés y compris ceux contractés sous un faux nom. Jamais il n’a laissé son épouse et ses enfants dans le besoin. Il n’a d’ailleurs pas été placé sous contrôle judiciaire".

A.S.