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"Hagard" et "affaibli": comment le fugitif s'est rendu aux gendarmes dans les Cévennes

Après quatre jours de traque dans la forêt des Cévennes, l'homme soupçonné d'avoir abattu deux personnes mardi dans une scierie du Gard s'est rendu à la gendarmerie.

L'auteur présumé du double meurtre dans les Cévennes qui se terrait dans la forêt depuis plus de trois jours était "extrêmement affaibli et hagard" quand il s'est rendu aux gendarmes ce vendredi, a indiqué vendredi soir la gendarmerie lors d'une conférence de presse à Saumane (Gard). Il a été placé en garde à vue pour "assassinats", ont indiqué le procureur de Nîmes Eric Maurel et le général Browaeys.

"Je pense qu'il s'est rendu de guerre lasse (...) Nous avions un ratissage en cours par le GIGN, sentant cette équipe s'approcher, il a quitté sa cache en direction de son domicile" et s'est rendu à la première patrouille de gendarmes qu'il a rencontrée, a déclaré le général Browaeys, commandant de la zone de défense et de sécurité sud.

Selon nos informations, l'homme se trouvait bien dans le périmètre de recherche de la gendarmerie, à savoir cette zone rouge de 15 km² qui était ratissée depuis quatre jours par 350 gendarmes. Valentin Marcone a été interpellé à 19h25 près de l'église de Saint-Marcel de Fontfouillouse. Il était caché et vêtu d'une tenue de camouflage. Il s'est rendu auprès des gendarmes qui se trouvaient dans la zone sans opposer la moindre résistance, et aucun coups de feu n'a été tiré.

"Excusez-moi, je me rends"

"Excusez-moi, je me rends": tels ont été les mots de Valentin Marcone, 29 ans, à l'égard des deux gendarmes qui patrouillaient à cet endroit. Lors de sa reddition, il s'est "avancé en montrant qu'il n'était pas armé", a détaillé le général à l'antenne de BFMTV.

Le fugitif n'a "manifesté aucune violence, il était en état d'épuisement" lorsqu'il s'est rendu, a ajouté le colonel Laurent Haas au micro de BFMTV. Selon lui, Valentin Marlone est sorti d'une de ses caches sans ses armes, alors qu'il sentait la pression des autorités "devenir un peu trop forte". "Il s'est présenté les mains en l'air devant une des patrouilles de gendarmerie qui interdisait l'accès au périmètre".

"Il a fallu lui donner à boire et à manger", a précisé le commandant de la gendarmerie lors de cette conférence de presse. "Notre première intention, c'était de ne pas le laisser pouvoir quitter cet abri (...) un certain nombre d'indices nous laissait présager qu'il n'avait pas quitté la zone, (...) d'où cette montée en puissance de nos moyens sur ce périmètre extrêmement limité".

Valentin Marcone était caché dans la forêt cévenole depuis mardi matin après avoir abattu son patron et un de ses collègues dans la scierie où il travaillait, dans le village des Plantiers (Gard). Quelque 350 gendarmes aidés de drones, d'hélicoptères et de chiens le traquaient sur un terrain "extrêmement difficile".

Jeanne Bulant avec AFP Journaliste BFMTV