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Grogne: un millier de policiers ont demandé le retrait de leur habilitation OPJ

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Ils protestent contre l'alourdissement des procédures judiciaires. Plus d'un millier d'officiers de police ont déposé une demande de retrait de leurs habilitations OPJ, qui leur permet d'enquêter.

Les officiers de police judiciaire (OPJ), ceux qui sont chargés d'effectuer les enquêtes policières, sont à bout. Depuis plusieurs semaines, ils ont décidé de demander le retrait de leurs habilitations OPJ, qui leur permet au quotidien de procéder à des actes d'enquête, en signe de protestation. Né à Montpellier, le mouvement s'étend peu à peu à toute la France. Une façon de protester contre l'alourdissement de la procédure judiciaire. Selon eux, de nouvelles dispositions l'ont rendue encore plus contraignante.

Ces dernières années, l'inflation législative a fait des garde à vue un casse-tête, avec des montagnes de paperasse à gérer.

"Aujourd'hui, les premières vingt-quatre heures des garde à vue ne sont quasiment exclusivement destinées qu'à tout ce qui est parasite. Et une fois qu'on a prolongé la garde à vue, on va pouvoir enfin commencer les vraies auditions, les vraies investigations. Ça, c'est inadmissible. On fait quoi, on demande trois, quatre jours de garde à vue?" s'interroge pour BFMTV Pierre Chiarello, policier dans un service d'enquête en Ardèche.

Un geste symbolique

Une loi de juin 2016 leur a ajouté une nouvelle contrainte: le droit du gardé à vue de s'entretenir trente minutes avec la personne de son choix, au commissariat s'il le souhaite.

"Cela va nous obliger, quand les tierces personnes viennent au commissariat, de faire des fouilles de sécurité parce qu'on est en période Vigipirate, on est en alerte attentat. Pendant une demi-heure, ils vont discuter de tout, de rien et ils seront en contact ensemble. Nous, il faudra qu'on soit à côté à les surveiller. Cela va prendre des personnels parce que tout seul on ne peut pas surveiller deux personnes", s'inquiète pour BFMTV Émilie, policière en brigade de sûreté urbaine à Vienne, en Isère.

Plus d'un millier de policiers ont déjà demandé le retrait de leur habilitation OPJ un peu partout en France. Un geste symbolique. Mais le mouvement fait tache d'huile.

C.H.A. avec Cécile Ollivier