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Grenoble: une enquête ouverte après la publication de vidéos montrant l'agression d'une femme transgenre

L'agression a été filmée et diffusée sur Twitter.

L'agression a été filmée et diffusée sur Twitter. - Twitter - Guil_Melanie

Deux vidéos de l'agression d'une femme transgenre, jeudi, à Grenoble, ont été diffusées sur les réseaux sociaux. Une enquête a été ouverte pour "violences en réunion à caractère homophobe".

Les images sont glaçantes. Deux vidéos, publiées jeudi sur Twitter, montrent une femme transgenre se faire insulter puis poursuivre le soir par deux hommes dans les rues désertes de Grenoble (Isère). Une enquête a été ouverte, ce vendredi, par la Sûreté départementale de l'Isère pour "violences en réunion à caractère homophobe", selon le communiqué du procureur de Grenoble, Eric Vaillant, transmis à BFMTV. 

Les deux séquences, initialement mises en ligne par les agresseurs présumés, ont ensuite été partagées par de nombreux utilisateurs horrifiés, comme Guillaume Mélanie, co-président de l'association Urgence Homophobie, qui accorde son "total soutien" à la victime. Dans un autre tweet, il a souligné que "les personnes transgenres ne sont ni des sous citoyens, ni des sous citoyennes". 

Le maire de Grenoble, Éric Piolle, a qualifié l'agression "d'inacceptable", ajoutant: "À ceux qui disent que l'égalité coûte trop cher à notre société, et qui fragilisent les acteurs du respect, voyez le prix de l'ignorance".

Appel lancé à la victime

Le procureur de la République de Grenoble a indiqué dans son communiqué que "la victime ne s'est pas encore fait connaître" et que "son témoignage est souhaité pour établir les circonstances des faits même si sa plainte n’est pas indispensable pour poursuivre". 

En mars dernier, une agression transphobe avait été fortement médiatisée après qu'une femme prénommée Julia avait été insultée et frappée, en marge d'une manifestation contre le régime algérien, place de la République à Paris. Son agresseur, jugé en mai, avait été condamné à une peine de dix mois de prison, dont six mois ferme pour "violences commises en raison de l'identité de genre" de la victime.

Sur le plateau de BFM Paris, Julia avait lancé un appel à la tolérance, expliquant avoir "vu des messages assez lourds où on associe cette agression à une certaine communauté" et "ne pas accepter ça". "Il faudrait arrêter les amalgames. Ces personnes qui m'ont agressée sont des personnes ignorantes, et ça n'a rien à voir avec leur croyance et le fait qu'ils soient algériens", avait-elle souligné.

Clément Boutin