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Gilets jaunes: une mobilisation en légère hausse avec quelques heurts en fin de manifestation

Manifestation de gilets jaunes à Paris le 23 février 2019

Manifestation de gilets jaunes à Paris le 23 février 2019 - Zakaria ABDELKAFI / AFP

Alors que la grande majorité des manifestations se sont déroulées dans le calme, des tensions ont été observées ce samedi à Clermont-Ferrand, Rennes et Paris à l'occasion de la 15e journée de mobilisation des gilets jaunes.

"On n'est pas fatigué": les gilets jaunes, dont la mobilisation est en baisse depuis un mois, mais qui est légèrement repartie à la hausse ce samedi, ont réinvesti la rue pour leur 15e journée de mobilisation nationale, avec des manifestations sous le soleil dans les grandes villes et un pique-nique à Chambord.

Les manifestants étaient 46.600 dans toute la France, contre 41.500 samedi dernier, selon un décompte du ministère de l'Intérieur, contesté par les gilets jaunes. Ils étaient 5.800 à Paris, mille de plus qu'il y une semaine, selon la même source.

Ils ont généralement défilé dans le calme, sous haute surveillance policière. Mais à Clermont-Ferrand, barricadée pour l'occasion dans la crainte de la présence de casseurs, des heurts ont éclaté en milieu d'après-midi.

28 interpellations à Paris

Des affrontements ont eu lieu dans une artère commerçante de la ville entre une trentaine de gilets jaunes et les forces de l'ordre qui ont tiré au LBD blessant une personne au pied, selon la préfecture. Plusieurs incidents se sont également produits aux alentours du palais de justice.

Selon une source policière, 18 personnes ont été interpellées, dont quinze placées en garde à vue à Clermont-Ferrand, notamment en possession de boules de pétanque. A Paris, 28 personnes ont été interpellées selon la préfecture de police, 12 placées en garde à vue à Lyon, selon la préfecture.

Quelques tensions place du Trocadéro

En pleines vacances scolaires et après des insultes contre l'intellectuel Alain Finkielkraut, traité de "sale sioniste" lors de l'acte 14, partout, les manifestants ont réaffirmé leur détermination et le caractère protéiforme de leur lutte contre la politique d'Emmanuel Macron, hors du champ politique traditionnel et sans chef.

Dans la capitale, ils étaient plusieurs milliers à arpenter le pavé. La "marche dans les beaux quartiers", qui a regroupé deux défilés déclarés en préfecture, a débuté à midi sur les Champs-Elysées, point névralgique de la mobilisation parisienne chaque week-end. Quelques bombes lacrymogènes ont été tirées à l'arrivée sur l'esplanade du Trocadéro pour disperser la cortège.

"J'ai l'impression qu'on est un peu moins nombreux que la semaine dernière mais c'est les vacances, y a eu les accusations d'antisémitisme et toutes les tentatives pour nous décrédibiliser... Et on est encore des milliers. Si ça avait dû s'éteindre, ça se serait éteint avant, pas au 15e acte. On lâchera rien", a affirmé Luca, intérimaire dans le BPT, dans le cortège parisien.

Pique-nique à Chambord

Ailleurs, les autres figures du mouvement avaient annoncé leur présence dans différents lieux de rassemblement. Priscillia Ludosky s'est jointe au pique-nique géant organisé devant le Château de Chambord, un pied de nez à Emmanuel Macron qui y avait fêté ses 40 ans fin décembre 2017.

Les manifestants étaient encore très mobilisés en province: plusieurs milliers ont marché à Bordeaux et à Toulouse, ils étaient entre 2500 et 5000 à Clermont-Ferrand selon les sources, un millier à Montpellier et à Marseille (selon la préfecture), quelque 200 à Nice. 

Mélanie Rostagnat avec AFP