BFMTV

Gilets jaunes: l'usage des LBD et grenades de désencerclement a triplé en 2018

Photo d'illustration.

Photo d'illustration. - AFP

L'utilisation du lanceur de balles de défense (LBD) par les forces de police a plus que doublé en 2018 par rapport à l'année précédente. Le nombre de munitions tirées a augmenté de 200%. Une hausse identique pour les grenades de désencerclement, conséquence du mouvement des gilets jaunes.

Chaque week-end depuis le 17 novembre dernier, son usage a fait l'objet d'une polémique. Le lanceur de balles de défense, décrié par les manifestants gilets jaunes, défendu par les forces de police, a été au coeur des chiffres présentés ce jeudi par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) qui présentait son bilan pour l'année 2018.

Son usage a en effet plus que doublé (+61%) l'an dernier par rapport à l'année précédente. Conséquence: l'utilisation de munitions de LBD a explosé avec une hausse de 203%, avec plus de 19.000 cartouches tirées contre plus de 6.300 l'an dernier. Cette augmentation concerne également l'usage des grenades de désencerclement en hausse de 106% concernant leur utilisation et de 296% pour les munitions. En 2017, les policiers les avaient utilisés à 801 reprises contre 1653 l'an dernier. 

Impact des gilets jaunes

Ces chiffres font naturellement écho au mouvement des gilets jaunes. "La période du 17 novembre au 31 décembre 2018 représente un tiers des usages de LBD et la moitié des munitions utilisées", a relaté Brigitte Jullien, la directrice de l'IGPN. Concernant l'usage des grenades de désencerclement, ce dernier a largement augmenté en fin d'année. "Mais l'année 2018 n'a pas débuté au 17 novembre", a nuancé la patronne de "la police des polices", citant le 14-Juillet, l'appel à "la purge" à Halloween comme événement nécessitant l'usage de ces armes. Pendant la Coupe du monde de football, l'utilisation des LBD a augmenté de 20%.

Ces chiffres sont issus du fichier Traitement relatif au suivi de l'usage des armes, reposant sur les déclarations des policiers, pas nécessairement en temps réel. Certains tirs, notamment ceux réalisés lors des derniers week-ends de mobilisation des gilets jaunes de 2018, pourraient être comptabilisés dans les chiffres de 2019. Des prochains mois qui pourraient être l’occasion pour l’IGPN d’avoir une réflexion "globale" sur l’utilisation de ces armes à laquelle l’institution "n’échappera pas" estime Brigitte Jullien. "Pour le moment, nous n’avons pas la possibilité de prendre du recul", poursuit-elle.

L’IGPN attend en effet de conclure ses enquêtes concernant les 265 saisines judiciaires après le dépôt de plaintes de manifestant contestant l’usage de la force dans le cadre du mouvement des gilets jaunes. Pour l’heure, 105 dossiers ont d’ores et déjà été transmis par la police des polices aux parquets compétents, soit 40%.

Justine Chevalier