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Gilets jaunes: "frustration, colère et envie de se faire entendre" à La Réunion

Un policier a eu une main arrachée et quinze autres membres des forces de l'ordre ont été blessés depuis ce week-end à la Réunion en intervenant contre les violences urbaines qui frappent l'île paralysée.

L'île de la Réunion est toujours en proie à des violences ce mercredi soir, en marge du mouvement des gilets jaunes. Malgré la mise en place d'un couvre-feu mardi soir, 16 policiers ont été blessés dont un grièvement par "des bandes de jeunes gens qui n'ont rien à voir avec le mouvement social initial. 

"La situation n'est pas meilleure ce soir, et hier soir a été une nuit extrêmement violente" explique Ericka Bareigts, députée socialiste de La Réunion ce mercredi sur BFMTV. "Nous sommes dans une situation bloquée puisque la rencontre prévue entre les gilets jaunes et le préfet a été ratée hier (mardi), et suite à ce rendez-vous manqué la nuit a été extrêmement difficile".

"Frustration, colère et envie de se faire entendre"

Mardi, le président de la région a pourtant annoncé avoir négocié avec l'Etat le gel des taxes sur le carburant jusqu'en 2021. Mais l'annonce n'a pas calmé les Réunionnais.

Des magasins ont encore été pillés, des véhicules et des poubelles incendiées ce mercredi dans la nuit puis en pleine journée. Pour la députée socialiste Ericka Bareigts, ces violences sont dues au fait qu'il n'y ait "pas de contact, mais du mépris et une absence de considération vis-à-vis de ces familles".

"Ces gilets jaunes sont des hommes et des femmes qui viennent dire leurs difficultés, car à la Réunion 40% de gens vivent sous le seuil de pauvreté. Donc toutes les récentes mesures du gouvernement qui sont extrêmement violentes, (...) lorsque vous êtes déjà dans une situation précaire et que vous basculez dans la grande précarité, ça créé de la frustration, de la colère et l'envie de se faire entendre."

"109 interpellations, 30 blessés parmi les forces de l'ordre, 16 policiers, 14 gendarmes, à peu près une cinquantaine de barrages et un millier de manifestants" ont été répertoriés, d'après Benjamin Griveaux mercredi. Il a précisé que 120 gendarmes et 107 policiers avaient été déployés et qu'un escadron de 80 gendarmes décollerait "ce soir de Paris pour accroître encore" la sécurisation. Un nouveau couvre-feu est en place ce mercredi soir jusqu'à jeudi matin 6 heures.