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Île de la Réunion: violences en marge du mouvement des gilets jaunes 

Un policier près d'un véhicule en feu à La Réunion ce lundi, lors des violences survenues en marge des gilets jaunes.
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Un policier près d'un véhicule en feu à La Réunion ce lundi, lors des violences survenues en marge des gilets jaunes. . - Richard BOUHET / AFP

Blocages, incendies et affrontements: des excès de violence sévissent sur l'île de La Réunion depuis ce week-end. Un couvre-feu a été instauré ce mardi soir par la préfecture pour tenter d'endiguer le mouvement des gilets jaunes qui dégénère.

Un couvre-feu a été instauré par la préfecture ce mardi à 21 heures sur l'île de la Réunion, en raison des violences qui secouent l'île depuis ce week-end. Celui-ci durera jusqu'à 6 heures du matin mercredi.

Les établissements scolaires (de la crèche à l'université) et administrations locales ont été fermés ce mardi, ainsi que l'aéroport international Roland-Garros depuis 18 heures locales (15h à Paris). L'île n'avait pas connu de telles tensions depuis 1991, rapporte l'AFP.

Une cinquantaine d'interpellations

La crise est, comme dans l'Hexagone, partie de la grogne des gilets jaunes qui protestaient contre la hausse des prix des carburants et la baisse du pouvoir d'achat. Lundi, une trentaine de barrages de "gilets jaunes" étaient encore en place, après une nuit marquée par des violences urbaines. Six membres des forces de l'ordre ont été légèrement blessés lors d'interventions, et 51 personnes ont été interpellées depuis samedi, selon la préfecture, qui a précisé avoir demandé des renforts à Paris.

Dimanche soir au Port, une concession automobile a été incendiée et un fastfood vandalisé, ont indiqué les forces de l'ordre. La façade d'un hypermarché a été détruite à Saint-Benoît, a précisé la préfecture et la police est aussi intervenue à la mi-journée lorsque plusieurs dizaines de "gilets jaunes" ont tenté d'entrer dans l'enceinte du conseil régional.

Annick Girardin appelle au calme

La situation a pourtant rapidement dégénéré lorsque des bandes ont organisé des blocages sur plusieurs grands axes et réclamé un droit de passage allant de 5 à 20 euros. Pour avoir refusé de payer, plusieurs automobilistes ont été agressés et dépouillés, leurs voitures caillassées. Plusieurs gilets jaunes se sont indignés auprès de l'AFP de ces violences. 

"Ce sont de petits groupes, mobiles, qui agissent", a détaillé Marie-Amélie Vauthier Bardinet, directrice de cabinet du préfet de La Réunion. "Ils sont jeunes voire très jeunes". 

La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a lancé sur la chaîne Public Sénat un "appel au calme" et à la "responsabilité" de chacun alors qu'"autour de ces manifestants qui disent leur colère, leur angoisse, leurs demandes, un certain nombre de jeunes ou moins jeunes en profitent pour faire de la casse". La ministre des Outre-mer Annick Girardin a dénoncé une "situation intolérable" sur l'île de La Réunion, avec des "violences urbaines", dans une déclaration transmise mardi soir à l'AFP.

"Ces violences sont le fait de bandes de jeunes gens qui n'ont rien à voir avec les 'gilets jaunes'", a-t-elle affirmé, promettant une "réponse ferme de l'État". L'île est en proie, depuis quatre jours, à une flambée de violences avec le mouvement des "gilets jaunes" et les autorités ont mis en place un couvre-feu la nuit dans la moitié des communes de l'île.

La dénonciation de la hausse des prix des carburants et de la baisse du pouvoir d'achat rencontre une grande adhésion à La Réunion où 42% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Selon Annick Girardin, "entre 1.500 et 2.000 personnes" ont manifesté samedi et dimanche.

Jeanne Bulant