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Gifles, pavé, matraque: les enquêtes de l'IGPN ouvertes après le 1er-Mai

Les images ont été filmées le 1er mai

Les images ont été filmées le 1er mai - Image David Dufrene

L'IGPN a été saisie pour deux enquêtes administratives et une enquête judiciaire après la diffusion de plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux.

L'IGPN saisie à trois reprises ce vendredi à la suite de la diffusion de trois vidéos, largement diffusées sur les réseaux sociaux, impliquant des policiers lors de la manifestation du 1er-Mai. Ces investigations confiées à la police des polices ont pour objectif d'identifier les policiers visibles sur les images et les conditions et circonstances dans lesquelles leurs gestes ont été commis.

> Une enquête judiciaire sur le lancer de pavé

Dès mercredi, les images d'un vidéaste de l'agence Line Press ont commencé à être relayées. La scène se passe boulevard de l'Hôpital dans le XIIIe arrondissement de Paris vers 17 heures. On y voit dans un premier temps des pierres descellées autour d'un arbre, puis une compagnie de CRS sur un trottoir face à une foule de manifestants. Apparaît alors sur l'image un policier, siglé d'une lettre et d'un chiffre caractéristiques des CRS, muni d'un pavé qu'il va jeter en direction des manifestants.

Rien ne permet d'indiquer où a atterri ce pavé. Aucune plainte n'a toutefois été enregistrée, mais le préfet de police de Paris a d'abord saisi l'IGPN. Celle-ci est incompétente pour ce qui concerne les investigations administratives sur les agissements de CRS; c'est donc l'Inspection technique des CRS qui est en charge de l'enquête. Une seconde enquête a été ouverte, cette fois-ci par le parquet de Paris pour "violence par personne dépositaire de l'autorité publique". Cette fois-ci, c'est l'IGPN qui est saisie, qui peut agir dans un cadre judiciaire.

Le syndicat SCSI-CFDT condamne ce geste "inapproprié" mais trouve "une excuse morale" alors que les policiers sont mobilisés depuis 6 mois et soumis à de nombreuses provocations et violences.

> Un manifestant giflé par un policier

L'identité de ce policier est encore inconnue. C'est tout l'enjeu de l'enquête administrative confiée à l'IGPN sur les gifles données par un agent à un homme qui se trouve devant un bar-tabac sur le boulevard du Montparnasse, près de la gare éponyme, où plusieurs manifestants se sont réfugiés en raison de la situation tendue dans le cortège avec la présence de black blocs.

Le manifestant interpelle dans un premier temps ce policier, casqué, qui se retourne pour lui asséner deux gifles.

"Là, il n'y a aucune justification, son geste ne s'inscrit pas dans une démarche légitime de maintien de l'ordre", estime Me Vincent Ollivier, avocat parisien, qui juge que ce geste est caractéristique du délit de "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique".

> Un policier introduit sa matraque dans le pantalon d'un manifestant

Une troisième enquête administrative a été ouverte ce jeudi pour des soupçons de violences policières, a-t-on appris de source policière. Les investigations de l'IGPN, la police des polices, lancées à la suite d'un signalement du préfet de police de Paris, concernent une vidéo montrant un policier introduire sa matraque dans le pantalon d'un homme en train d'être interpellé lors de la manifestation du 1er-Mai.

La vidéo a été diffusée sur les réseaux sociaux par le journaliste David Dufresne. Il précise avoir reçu ces images, qui auraient été tournées à hauteur du métro Vavin sur le boulevard du Montparnasse peu avant 14h40, par mail.

Sur les images, on voit trois policiers, en civil mais casqués, tenter de maîtriser un homme à terre. L'un des agents introduit alors brièvement sa matraque télescopique à l'intérieur du pantalon de l'individu.

Pour le syndicat VIGI, il s'agit d'un geste technique consistant à faire se lever un interpellé qui refuse. Une technique réglementaire, selon l'organisation.

Cécile Ollivier avec Justine Chevalier