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Gérard Collomb annonce un grand plan de rénovation des commissariats

Gérard Collomb lors de ses voeux aux policiers à Rouen.

Gérard Collomb lors de ses voeux aux policiers à Rouen. - Capture BFMTV

Lors de ses premiers vœux aux 150.000 policiers, le ministre de l'Intérieur a défini trois défis: la lutte contre le terrorisme, le maintien de l'ordre public et le défi migratoire. Il a également promis plus de moyens, tant en hommes qu'en matériel, pour la police national.

Il s'agit de l'un des griefs des policiers français, la vétusté de leurs commissariats. Cafards, rats, fuites d'eau, bâtiments insalubres, pannes, véhicules abîmés... en août dernier, ils en ont même fait "un concours photos" qui a rencontré un vif succès avec des centaines et des centaines de clichés envoyés. Afin de remédier à ces situations, le ministre de l'Intérieur, a annoncé un budget de 196 millions par an pour rénover les locaux de la police Une somme en hausse de "5% par rapport à 2017".

"Ma conviction est simple : on ne peut vous demander un engagement de tous les instants, parfois au prix de sacrifices dans vos vies personnelles, vos vies familiales sans vous offrir des conditions de travail décentes", a estimé Gérard Collomb pour ses premiers vœux comme locataire de la place Beauvau.

Renouvellement et modernisation du matériel

Le ministre de l'Intérieur annoncera au mois de janvier les premiers commissariats concernés mais assure que "toutes les zones - sans exception - verront leur situation s'améliorer". Pour cela, le gouvernement délivrera, aux acteurs locaux, une enveloppe de 45 millions d'euros pour procéder à des travaux de rénovation mineurs. Outre leurs locaux, les policiers devraient voir leur matériel moderniser avec l'acquisition en 2018 de 50.000 tablettes numériques, 10.000 caméras-piéton et 3.000 véhicules, armements ou protections. 

La promesse de campagne d'Emmanuel Macron, la police de sécurité du quotidien, entrera également en fonction cette année. Outre, l'augmentation des effectifs - 7.500 sur le quinquennat, 1.400 en 2018 - Gérard Collomb a rappelé, depuis Rouen, que 70.000 policiers et gendarmes avaient participé à la grand consultation pour définir la forme que pourrait prendre cette nouvelle police. De ces réponses se dégagent trois aspirations: la suppression des tâches indues (les tâches de surveillance ou formalités administratives), l'allègement des contraintes administratives et une réforme de la procédure pénale.

Lutte contre le terrorisme

Des consultations sont d'ailleurs en cours, et doivent s'achever le 15 janvier, pour cette réforme de la procédure pénale menée par la ministre de la Justice, Nicole Belloubet. "Oui, nous réformerons aussi la procédure pénale", a martelé le ministre de l'Intérieur citant l'extension du pouvoir des officiers de police judiciaire, la simplification des cadres d'enquête ou la forfaitisation de certaines infractions, c'est-à-dire la sanction d'un délit sans passer par un juge. Autre chantier mené conjointement avec la Chancellerie: les peines pour les auteurs de violences envers les forces de l'ordre.

"Ce déferlement de haine, ce n'est pas la France, s'est insurgé Gérard Collomb. De tels actes seront donc toujours poursuivis avec la plus grande fermeté."

Renouvelant sa confiance et celle de l'exécutif aux policiers, le ministère de l'Intérieur a ainsi voulu délivrer trois défis pour les forces de l'ordre. Outre le maintien de l'ordre public, qui se traduira notamment sur "un retour à la normale à Notre-Dame des Landes", ou le "défi migratoire" avec "des moyens accrus" à la police aux frontières pour enrayer les filières de passeurs, la première priorité, comme les années précédentes, reste la lutte contre le terrorisme avec une menace qui a évolué venant d'avantage de l'intérieur que de l'extérieur. Pour cela, Gérard Collomb rappelle l'importance du renseignement territorial: "150.000 femmes et hommes, déployés partout sur notre territoire aguerris aux meilleures techniques: voilà notre réponse au terrorisme."

Justine Chevalier