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Fusillade Loiret: la nouvelle loi sur l'usage des armes par la police au centre de l'enquête

Un policier photographié de dos  (image d'illustration)

Un policier photographié de dos (image d'illustration) - FRED TANNEAU / AFP

Un homme armé d'un couteau et menaçant a été abattu samedi dans le Loiret par des policiers alors qu'il fuyait en voiture.

L'enquête sur la mort d'un homme souffrant de troubles psychiatriques, tué samedi par des policiers du Loiret, devra déterminer si les policiers ont fait feu "dans un des cas d'application de la nouvelle loi sur les conditions d'usage des armes par la police", a indiqué mardi à l'AFP le parquet de Montargis.

Le droit de faire feu sur un fuyard

La loi L435-1 du 28 février 2017 du Code de la sécurité intérieure a aligné le cadre de l'usage des armes par la police sur celui des militaires de la gendarmerie, a rappelé la substitut du procureur de la République de Montargis. Ce texte permet, dans certaines conditions, aux policiers de faire feu sur un fuyard.

Des vidéos de l'intervention à Chalette-sur-Loing, près de Montargis (Loiret), tournées par des témoins, ont été diffusées sur les réseaux sociaux et montrent les policiers tirant sur le véhicule en fuite après avoir tenté de faire sortir l'homme de sa voiture en frappant les vitres. Les policiers n'étaient pas directement menacés par les mouvements du véhicule, selon les images diffusées.

La voiture, criblée de balles, a fini sa course non loin de là. L'homme est décédé très vite des suites de ses blessures.

"Les vidéos ne donnent pas le contexte de l'intervention. Elles durent 2 à 3 minutes alors que les faits se sont déroulés sur plus de 30 minutes", a remarqué la magistrate. "L'enjeu de l'enquête, c'est de déterminer s'il s'agit d'un des cas d'application de la nouvelle loi", a-t-elle jouté.

Selon le maire de Chalette-sur-Loing, la victime âgée de 47 ans, souffrait de troubles psychiatriques depuis la mort de son père il y a une trentaine d'années. Il vivait chez sa mère dans le quartier Kennedy, réputé sensible, et n'avait jamais été condamnée, même si il "avait des antécédents dans les fichiers de la police et de la gendarmerie".

C.Br. avec AFP