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Fusillade de Carcassonne: sursis requis contre cinq militaires

L'ancien sergent Nicolas Vizioz (d.) et le lieutenant-colonel Jean-Baptiste Pothier, tous deux prévenus, dans la salle d'audience de la cour d'appel de Montpellier ce jeudi.

L'ancien sergent Nicolas Vizioz (d.) et le lieutenant-colonel Jean-Baptiste Pothier, tous deux prévenus, dans la salle d'audience de la cour d'appel de Montpellier ce jeudi. - -

Deux ans de prison avec sursis ont été requis contre le sergent Nicolas Vizioz, qui avait par accident tiré à balles réelles sur la foule lors d'une démonstration en 2008.

Cinq peines de prison avec sursis ont été requises jeudi à l'encontre des militaires impliqués dans une fusillade involontaire qui avait fait 16 blessés à Carcassonne en juin 2009. Ceux-ci étaient jugés pour la seconde fois, ce jeudi, devant la cour d'appel de Montpellier. Le jugement a été mis en délibéré au 15 janvier.

Tout l'enjeu des débats a été de déterminer les responsabilités dans ce drame, intervenu au cours d'une démonstration au public. L'avocat général Joël Garrigues, qui a émis les réquisitions, a dégagé deux types de fautes. Il a d'abord reconnu la "faute directe", "incontestable et incontestée" - à savoir celle du sergent Nicolas Vizioz.

C'est cet ancien du groupement des commandos parachutistes, âgé aujourd'hui de 33 ans, qui avait ouvert le feu sur le public, le 29 juin 2008, avec une arme chargée à la fois de balles réelles et de balles à blanc. Son unité procédait à une démonstration à l'occasion des journées portes ouvertes du 3e Régiment de parachutistes d'infanterie de Marine (3e RPIMa).

"Fautes indirectes" de la hiérarchie

L'avocat général a réclamé à son encontre deux ans de prison avec sursis - la même que celle que lui avait infligée en première instance la chambre militaire du tribunal correctionnel de Montpellier. Il a ajouté à cette peine une amende de 1.500 euros.

Pour le magistrat, il y a également eu plusieurs "fautes indirectes" de la part de la hiérarchie: dans l'organisation de la démonstration, sur le contrat d'assurance et sur la gestion des munitions. "Il y avait un danger réel avec des stocks non réglementaires de munitions", a estimé l'avocat général, qui s'élevaient selon lui à 4.000 à 5.000 cartouches. Un système qui, a-t-il pointé, a perduré alors qu'il était connu.

Joël Garrigues a ainsi demandé contre quatre des officiers prévenus une peine avec sursis "de principe", qui devra être "à la hauteur des faits", tout en prenant compte la carrière et la personnalité des mis en cause. Il n'a enfin rien demandé à l'encontre d'un cinquième officier, le lieutenant-colonel Jean-Baptiste Pothier - le seul qui soit encore militaire aujourd'hui.

M. T. avec AFP