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Police-Justice

Financement libyen: Claude Guéant mis en examen pour "association de malfaiteurs"

L'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant au tribunal à Paris le 5 décembre 2018

L'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant au tribunal à Paris le 5 décembre 2018 - Eric FEFERBERG © 2019 AFP

L'ancien ministre de l'Intérieur est déjà mis en examen pour "corruption" dans cette même affaire.

L'ancien ministre de l'Intérieur français Claude Guéant est mis en examen pour "association de malfaiteurs" dans l'affaire des financements lybiens, a confirmé le parquet national financier interrogé par l'AFP, ce jeudi. Il est déjà mis en examen pour "corruption" dans cette même affaire.

Claude Guéant était entendu dans cette affaire ce mercredi au tribunal judiciaire de Paris par la juge d'instruction Aude Buresi. Elle est chargée de l'enquête sur un possible financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Guéant réfute

Cette nouvelle charge, retenue mercredi contre le bras droit de l'ancien président à l'issue d'un nouvel interrogatoire, était attendue depuis la mise en examen sous cette même qualification de Nicolas Sarkozy en octobre. Claude Guéant n'avait plus été interrogé depuis deux ans.

Fin novembre sur BFMTV, Claude Guéant reconnaissait avoir eu des discussions avec Ziad Takieddine dès les années 2002-2003 mais réfutait toujours avoir reçu de l'argent de la part de l'homme d'affaires franco-libyen.

Ziad Takieddine, dont les accusations depuis 2012 ont allumé la mèche judiciaire, a opéré une volte-face retentissante le 11 novembre, en retirant ses accusations contre l'ancien président, obligeant le parquet national financier à sortir de sa réserve pour souligner que les charges "ne se limitent pas aux déclarations" de cet intermédiaire sulfureux.

"L'affaire des cinq millions, c'est une fable complète"

Mais dans Paris Match, Zied Takieddine a maintenu avoir remis de l'argent libyen à Claude Guéant, proposant toutefois une nouvelle version : il assure désormais avoir reçu chez lui Claude Guéant en 2005 pour lui remettre cinq millions d'euros, en cash, destinés selon lui à un contrat de formation de personnels libyens. Une "fable", selon l'ancien ministre.

"L'affaire des cinq millions, c'est une fable complète" avait-il déclaré sur BFMTV. "C'est absolument faux! Est-ce que vous imaginez la France signer un accord avec un État étranger pour être payée en cash? Est-ce que c'est immaginable?"

Ces dernières années, les ennuis judiciaires se sont accumulés pour l'ex-premier flic de France: condamné en appel en 2017 dans le procès des primes en liquide au ministère de l'Intérieur, il doit être jugé en 2021 dans l'affaire des sondages de l'Élysée.

S. V. avec AFP