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Fillette morte à cause d'une pile au lithium: une faute "incontestable" pour l'avocat de la famille

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En juillet 2017, Faustine, bientôt trois ans, mourrait un an après avoir ingéré une pile au lithium. Lors d'un premier diagnostic, les médecins avaient conclu à une simple bronchite.

Près de trois ans après la mort de leur fille, les parents de Faustine espèrent avoir enfin des réponses. Mercredi, ils ont rencontré le juge d'instruction en charge de l'affaire après leur plainte déposée en mars 2018 contre l'hôpital Femme-Mère-Enfant de Bron pour "homicide involontaire". 

Pour leur avocat, Me Maxence Pascal, les parents ne cherchent pas "à obtenir vengeance" avec cette procédure mais à faire reconnaître la faute de l'hôpital, "qu'elle soit déclarée et reconnue par la justice française".

Découverte 48 heures après le premier diagnostic

Faustine avait avalé en juillet 2016 une pile-bouton au lithium. Mais lors d'un premier examen à l'hôpital, les médecins n'avaient pas détecté le petit objet coincé dans l'œsophage. Ils avaient alors conclu à une bronchite. Ce n'est que deux jours plus tard que la pile, qui avait commencé à se consumer, a été repérée. 

Pendant un an, la petite fille a subi de nombreuses opérations. Mais elle est finalement morte à la suite d'une "hémorragie interne et externe massive d'origine gastrique", d'après les conclusions de son autopsie citée dans la plainte.

Pour l'avocat des parents, Me Maxence Pascal, il s'agit de façon "incontestable" d'une faute de l'hôpital.

"Certains parlent d'une erreur ou d'un retard diagnostic. Quelque soit la terminologie employée, c'est une pile qui a été dans l'œsophage et qui n'a pas été détectée par les médecins", a-t-il tenu à rappeler sur l'antenne de BFM Lyon ce jeudi, au lendemain de la rencontre des parents avec le juge d'instruction. 

Un rapport accablant

La thèse d'une faute de l'hôpital est, semble-t-il, confirmée par un rapport d'expertise consulté par Le Parisien. Les deux médecins qui l'ont rédigé dénoncent un "diagnostic erroné des médecins radiologues" qui ont pris la pile pour une médaille "sans refaire un cliché" pour s'en assurer. 

Ils estiment également que la fillette n'aurait pas dû sortir de l'hôpital le jour même en raison de ses symptômes. Et de conclure leur rapport en évoquant "une accumulation de plusieurs fautes médicales" qui ont retardé la bonne prise en charge de la jeune fillette. 

Prendre en charge plus tôt Faustine aurait-il pu permettre de la sauver? Face à cette question, les médecins montrent néanmoins prudents. Tout comme l'avocat des parents: 

"Selon les données médicales en ma possession, c'est une incertitude. On ne sait pas. Ce qui est certain c'est que ça n'a pas permis de prendre les mesures assez tôt pour essayer de la sauver", affirme Me Maxence Pascal.
Benjamin Rieth