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Fête de la musique à Nantes: cinq jours après, les questions qui restent en suspens

Le quai Wilson, sur l'île de Nantes.

Le quai Wilson, sur l'île de Nantes. - Capture Googlemaps.

Alors que les secours n'ont toujours pas retrouvé Steve, disparu le soir de la Fête de la musique à Nantes, la polémique monte autour de l'intervention de la police. D'après nos informations, déjà 60 témoignages ont été récoltés pour déposer une plainte pour "mise en danger de la vie d'autrui". Retour en quatre questions sur les zones d'ombre de cette affaire.

Cinq jours après la disparition de Steve, un jeune homme de 24 ans, lors de la Fête de la musique à Nantes, la polémique enfle autour de l'intervention musclée des forces de l'ordre pour couper le son, tout comme sur la sécurisation du lieu où se déroulait la soirée. L'occasion de faire le point sur les questions qui entourent l'affaire et auxquelles les enquêtes judiciaire et administrative devront tenter de répondre.

• Y a-t-il eu une "faute de discernement" dans les ordres donnés?

C'est en tout cas l'avis de Philippe Boussion, secrétaire régional SGP Pays-de-la-Loire, un syndicat policier, dans les colonnes d'Ouest-France dans lesquels il déclare qu'il y a eu "une faute grave de discernement, un ordre aberrant" mettant en danger les forces de l'ordre et les participants à la soirée. Il indique que lui et ses collègues ont "déjà alerté à plusieurs reprises sur la vision de la sécurité de ce commissaire."

Des propos nuancés par le responsable national SGP-FO, qui souhaite attendre les conclusions de l'enquête IGPN et "ne pas mettre la charrue avant les boeufs". 

• Les policiers ont-il fait usage de lanceurs de balles de défense ?

Les vidéos disponibles de l'interpellation montrent que les policiers ont fait l'usage de matraques et de gaz lacrymogènes. Plusieurs témoins, dont une source policière auprès de Libération, assurent que les forces de l'ordre se sont également servies de lanceurs de balles de défense pour disperser les participants à la free party.

Cet usage n'a pas été confirmé à l'heure actuelle par la préfecture de Loire-Atlantique, qui nous précise que "les forces de l'ordre n'étaient pas équipées comme elles peuvent l'être pour une opération de maintien de l'ordre classique" puisqu'il s'agissait "d'un événement festif". Il faut donc désormais attendre les conclusions de l'enquête administrative de l'IGPN. 

• La sécurité du quai Wilson était-elle suffisante ?

Concernant les personnes repêchées dans la Loire par les secours, les autorités ne sont pour l'heure pas en mesure d'indiquer si elles sont tombées lors des affrontements avec les forces de l'ordre (aux alentours de 4h30), avant ou après. Mercredi après-midi, Christophe Castaner a précisé que 11 personnes ont été sauvées cette nuit-là dans la Loire, et non 14 comme indiqué au départ.

Comme nous vous l'évoquions ici, le quai Wilson, à l'inverse des berges du nord de l'île de Nantes, n'est pas protégé par des barrières. L'association FreeFrom avait déjà pointé du doigt une "zone potentiellement dangereuse".

Un avis partagé par Stéphane Léonard, secrétaire départemental du syndicat de police SGP-FO: "Il faut peut-être aussi que la mairie se pose la question de savoir pourquoi elle autorise des festivités à cet endroit-là", a-t-il déclaré à l'AFP. Mardi soir, la République en marche a réclamé "la sécurisation de l'ensemble des sites festifs sur l'île de Nantes".

• Une plainte a-t-elle été déposée au parquet de Nantes ?

De nombreux appels à déposer une plainte groupée contre X pour "mise en danger de la vie d'autrui" ont été partagées sur les réseaux sociaux, notamment relayés par l'association Média'son.

Contacté par BFMTV.com, son président Victor Lacroix indique qu'il a déjà récolté "60 témoignages" de personnes présentes à l'heure de l'arrivée des policiers. "90% d'entre eux sont prêts à participer à une action en justice", précise-t-il. L'association espère récolter suffisamment de témoignages et de preuves pour attester que l'action des forces de l'ordre ne s'est faite "ni au bon endroit, ni au bon moment" avec "des jeunes fatigués" et que l'intervention ne pouvait dans ces conditions, que mal se terminer.

Esther Paolini