BFMTV

Féminicide dans le Var: la victime "refusait les avances" du suspect

Marc Floris est soupçonné d'avoir tué Doriane Ragon d'une balle dans la tête après avoir été éconduit par la jeune femme. Il a pris la fuite et est toujours activement recherché.

Une frustration amoureuse suivie d'un coup de folie? Marc Floris, l'homme de 33 ans soupçonné d'avoir tué d'une balle dans la tête Doriane Ragon, retrouvée morte dimanche matin à l'entrée de sa résidence, au Plan-de-La-Tour dans le Var, est recherché depuis deux jours dans les Alpes-Maritimes. Un corps, dont l'apparence physique et vestimentaire correspond à celle du forcené, a été retrouvé ce mardi à la mi-journée.

Marc Floris, avec qui elle "entretenait ou avait entretenu une relation", selon le procureur adjoint de la République, a rapidement intéressé les gendarmes qui se sont rendus à son domicile de Gréolières, dans les Alpes-Maritimes voisines, pour l'interroger. Mais après avoir accepté de répondre à quelques questions, l'homme a vascillé et tiré sur un agent - sans le blesser - avant de prendre la fuite dans l'arrière-pays niçois.

Un homme éconduit

Tous deux se connaissaient depuis quelques mois. De cette relation, Marc Floris espérait plus qu'une simple amitié.

"Ils étaient proches mais elle ne voulait pas s'engager plus", explique une amie de Doriane à Var-Matin. "Elle refusait ses avances et lui ne le supportait pas", ajoute un autre proche de la victime au micro de BFMTV.

Econduit à plusieurs reprises par la mère d'une petite fille de 11 ans, Marc Floris se faisait insistant et menaçait même de se suicider si elle ne répondait pas à ses avances. Pour surveiller Doriane, il n'hésitait pas à dormir devant chez elle.

"Il lui envoyait des messages toute la journée, des message longs", dépeint Sammy, la meilleure amie de Doriane. "Il n'arrêtait pas. Il venait chez elle, il tapait à la porte."

Selon elle, la victime se sentait harcelée et commençait à avoir peur de Marc Floris. Ses craintes se sont cristallisées quand, au détour d'une promenade en forêt, l'homme a exhibé une arme à feu et lui a proposé de s'entraîner à tirer. Le suspect, inconnu de la justice, semble avoir "été pris d'un coup de folie meurtrier, dramatique", a souligné le commandant du groupement de gendarmerie des Alpes-Maritimes, Nasser Boualam.

Traque ardue

Introuvable depuis dimanche, Marc Floris est qualifié de "dangereux" par le procureur adjoint de la République de Draguignan, qui précise que le suspect a pris la fuite avec son arme. La gendarmerie a diffusé un appel à témoins pour retrouver le fuyard, un homme de "1m75, corpulence longiligne, type caucasien, cheveux bruns".

Cette annonce laisse les habitants de Gréolières sous le choc, eux qui décrivent l'homme recherché comme homme sympathique et serviable.

"C'est un très gentil garçon", "on aurait jamais pensé qu'il ferait, c'est un drame", glisse-t-on dans le village.

Toute personne disposant d'informations permettant de le localiser doit se manifester "immédiatement", insiste la gendarmerie. "Si j'ai un message à donner et si je suis écouté, c'est qu'il faut à un moment donné savoir déposer les armes, et se livrer", a déclaré lundi le préfet des Alpes-Maritimes lors d'une conférence de presse.

Pierre et Virginie, un jeune couple de la région, pensent néanmoins que l'homme sera difficile à débusquer. "C’est la montagne. C'est un fils de chasseur et tout jeune il a été initié à la chasse avec des gens du village", racontent-ils à l'AFP. "Il connaît très bien le coin et c'est pour ça que je leur souhaite bien du courage aux gendarmes, il y a des grottes, des tunnels, des vestiges de la guerre aussi. Donc si on connaît pas, même avec une brigade cynophile, étant chasseur, il a de quoi brouiller les pistes."

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV