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Féminicide à Cagnes-sur-Mer: le suspect déjà visé par une plainte d'une ex-compagne

Un commissariat

Un commissariat - JACQUES DEMARTHON / AFP

L'homme suspecté d'avoir frappé à mort sa compagne à Cagnes-sur-Mer a déjà été visé par plusieurs plaintes pour violences et menaces, en 2016, 2017 et 2018. Parmi les plaignantes, une ancienne compagne mais également la mère du suspect.

Le jeune homme mis en examen pour le meurtre à Cagnes-sur-Mer de sa compagne avait déjà été visé par une plainte pour violences déposée par une ex-petite amie en 2016 et classée sans suite faute de pouvoir être étayée, a déclaré ce mercredi la procureure de Grasse.

"Cette ancienne petite amie, mineure au moment des faits, avait déposé plainte au commissariat d'Antibes en indiquant avoir reçu une claque et puis qu'Amin aurait tenté, en lui liant les poignets et les pieds, de la projeter dans une baignoire parce qu'elle aurait été susceptible de l'avoir trompé", a précisé Fabienne Atzori. 

Des antécédents en 2017 et 2018

"Insuffisamment caractérisée", cette plainte déposée plusieurs mois après les faits allégués avait été classée sans suite, a indiqué la magistrate, ajoutant que la victime avait refusé une confrontation avec le suspect. Lui-même avait alors nié les faits, assurant au contraire que c'était sa petite amie qui, jalouse, le harcelait.

Fabienne Atzori a également fait état d'une main courante déposée par la maman de cette jeune fille mineure expliquant qu'Amin aurait "poussé involontairement" sa fille sur une voie ferrée. Deux autres plaintes ont aussi visé le jeune homme en 2017 et 2018, déposées par la propre mère d'Amin.

Cette dernière avait d'abord fait état des menaces de son fils voulant l'obliger à quitter le domicile "afin qu'il puisse avoir des relations avec ses copines", a précisé Fabienne Atzori - une plainte finalement retirée - puis de violences sur ascendant, mais sans certificat médical. Cette dernière plainte avait été classée.

"Tu finiras dans un cercueil"

La procureure a par ailleurs indiqué que le suspect, mis en examen mardi soir pour meurtre aggravé (par concubin), des faits pour lesquels il encourt la réclusion criminelle à perpétuité, et placé en détention provisoire, a constamment nié au cours de sa garde à vue les faits de violences contre sa compagne Salomé, reconnaissant simplement une dispute entre eux.

Selon le témoignage d'un ancien employeur de Salomé, la victime, le jeune homme ne souhaitait pas qu'elle travaille, la soupçonnant notamment de le tromper avec un autre employé.

"J'en ai parlé à Salomé mais elle ne voulait rien entendre, elle me disait qu'elle l'avait dans la peau. Je lui ai dit '(...) Si tu continues comme ça tu finiras dans un cercueil'", assure le témoin qui fait état de plusieurs altercations, dans la vieille ville de Grasse, entre Amin et des proches de Salomé.

L'autopsie pratiquée ce mercredi doit déterminer les causes exactes du décès de cette dernière, la victime portant "de nombreuses traces de violences notamment à la face mais aussi une trace de strangulation", a aussi précisé la procureure de Grasse.

L'IGPN saisie

Le parquet de Grasse a par ailleurs décidé de saisir mardi l'IGPN - déjà saisie d'une enquête administrative - "sur la vérification de l'existence du délit de non-assistance à personne en péril", en raison du délai d'intervention controversé de la police le soir des faits.

"Les policiers avaient-ils les éléments suffisants pour rechercher un corps, est-ce que la jeune fille était encore vivante à ce moment-là, est-ce qu'on aurait pu la sauver? Ce sont les questions que nous nous posons", a ajouté la magistrate.

Salomé G., 21 ans, est la 100e victime de féminicide recensée en France depuis début 2019, selon un décompte d'associations.