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Explosion rue de Trévise: la mise en cause de la Ville de Paris n'est "pas une surprise", pour l'avocat des parties civiles

Les conclusions provisoires d'une expertise sur l'explosion de la rue de Trévise pointent du doigt la responsabilité de la mairie de Paris dans le drame. L'avocat des parties civiles demande "des réponses très précises de la ville de Paris".

Les conclusions provisoires d'une expertise commandées par des juges d'instruction établissent que l'explosion en janvier dernier rue de Trévise à Paris était due à la "rupture d'une canalisation de gaz", liée à des "manquements" de la Ville de Paris et d'une entreprise de travaux publics, a indiqué lundi le procureur de Paris. Quatre personnes sont mortes dans ce drame.

"Ça n'est pas une surprise parce que nous savions que face à une tragédie de cette ampleur il pouvait y avoir une cascade de responsabilités et nous attendions les conclusions des experts", déclare maître Olivier Morice, avocat des parties civiles de la rue de Trévise, sur notre antenne ce lundi.

Rappelant à plusieurs reprises que "ce rapport est provisoire et n'est pas définitif", l'avocat souligne que "les services de voirie de la ville de Paris sont pointés du doigt d'une manière particulièrement précise". "Ce que nous attendons maintenant, ce sont des réponses très précises de la Ville de Paris" continue M. Olivier Morice. Une conférence de presse de la municipalité est prévue en fin d'après-midi ce lundi.

"C'est un tournant"

"C'est un tournant parce qu'on va maintenant pouvoir avancer dans ce qui est l'information judiciaire, c'est-à-dire l'aspect pénal du dossier, puisque ce rapport d'expertise a été sollicité par un collège de magistrats instructeurs face à l'importance de cette tragédie", lance l'avocat.

Maître Olivier Morice déclare qu'il "appartient maintenant à la Ville de Paris de pouvoir répondre très précisément à la souffrance de ces familles qui pour la plupart d'entre elles ne sont pas relogées, qui vivent dans une précarité extrêmement importante, qui souhaitent qu'enfin on puisse apporter une réponse à ce qu'elles dénoncent comme étant une situation absolument insoutenable depuis un certain nombre de mois".

"Faire taire ceux qui essayent de se renvoyer la responsabilité"

Selon l'avocat, ces nouvelles données pourront "aussi faire taire ceux qui essayent de se renvoyer la part de responsabilité pour qu'il n'y ait pas de réponse fournie aux familles". Il déclare également qu'il compte demander des "compléments" à ce rapport.

"Si la cause de l'affaissement du trottoir avait été recherchée et si sa réfection avait été correctement réalisée, cette explosion aurait pu être évitée", estime le rapport provisoire, remis aux juges le 18 décembre. Les services de la voirie de la Ville de Paris et une entreprise - dont le nom n'a pas été cité - avaient alors "considéré que l'affaissement du trottoir devant la porte cochère de l'immeuble était un petit affaissement et l'ont traité en tant que tel".

"N'ayant pas cherché à en connaître la cause, ils n'ont procédé qu'à des travaux de surface pour rétablir l'horizontalité du trottoir, alors que des travaux en profondeur s'imposaient et que l'entreprise avait connaissance d'une canalisation de gaz sous le trottoir à cet emplacement", écrivent les experts.
Salomé Vincendon