BFMTV

Etat d'urgence: les nouveaux moyens des policiers

Une voiture de police (photo d'illustration)

Une voiture de police (photo d'illustration) - AFP

Depuis les attentats de janvier, les policiers ne cessent de réclamer plus de liberté d’action pour assurer leur sécurité et celle des Français. Le point sur les nouvelles mesures.

Garder son arme quand on le souhaite: une demande répétée des policiers depuis les attentats de janvier. Jusqu’à présent, les agents en repos devaient laisser leur arme chez eux ou dans leur service, même si cette pratique fluctuait en fonction des spécialités. Mais depuis mercredi, ils peuvent désormais, en période d’état d’urgence, être armés en toute occasion, notamment lors du trajet entre le domicile et le travail.

"Lorsque l'état d'urgence est déclaré (...) que ce soit sur tout ou partie du territoire national, tout fonctionnaire de police qui n'est pas en service peut porter son arme individuelle pendant la durée de l'état d'urgence, y compris en dehors du ressort territorial où il exerce ses fonctions", stipule l'arrêté paru au Journal Officiel.

Des tirs possibles hors légitime défense

Egalement annoncée par l’exécutif, la mesure d'"irresponsabilité pénale" pour les policiers et les gendarmes devrait être inscrite dans le futur projet de loi antiterroriste. Elle offre la possibilité pour les forces de l'ordre de faire usage de leur arme en dehors des cas de légitime défense, "pour mettre hors d'état de nuire une personne venant de commettre un ou plusieurs homicides volontaires et dont il existe des raisons sérieuses et actuelles de penser qu'elle est susceptible de réitérer ces crimes dans un temps très voisin."

"Le but est de neutraliser un individu qui, même s’il ne nous menace pas, peut faire usage de son arme dans les minutes qui suivent. Par exemple pour les frères Kouachi: lorsqu'ils sortent de Charlie Hebdo, ils ont l’arme à la main mais ils ne visent personne. Dans un cas comme celui-là, les policiers pourront leur tirer dessus parce qu’ils savent qu’ils ont commis des crimes juste avant", explique à BFMTV Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du syndicat national autonome des officiers de police.

L'état d'urgence jusqu'au 26 février

Le futur projet de loi antiterroriste de la ministre Christiane Taubira doit être présenté en conseil des ministres début février. Il doit permettre de renforcer les pouvoirs des policiers, des préfets et de la justice, "pour adapter le dispositif législatif de lutte contre le crime organisé et le terrorisme".

"Ces nouveaux outils juridiques demandés par les magistrats comme par les policiers et les gendarmes viendront conforter le travail quotidien que les forces de l’ordre et la justice mènent ensemble pour la sécurité des Français", a déclaré le Premier ministre Manuel Valls vendredi, à Evry.

Quelque 115.000 policiers et gendarmes sont actuellement mobilisés dans le cadre de l’état d’urgence, qui devrait prendre fin le 26 février.

Alexandra Gonzalez avec Mélanie Bontems