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Essonne: un futur centre d'accueil pour migrants incendié dans la nuit

Présence des pompiers au futur centre d'accueil des migrants à Forges-les-Bains dans l'Essonne.

Présence des pompiers au futur centre d'accueil des migrants à Forges-les-Bains dans l'Essonne. - Google Maps

Le centre devait accueillir 90 pensionnaires dès le mois d'octobre. Le feu a pris pour des raisons que l'enquête devra déterminer, mardi vers 2h30 du matin.

INFO BFMTV - Un futur centre d'accueil pour migrants a été, selon nos informations, incendié dans la nuit de lundi à mardi, à Forges-les-Bains, dans l'Essonne. D'une capacité totale de 200 personnes, le centre était censé accueillir 90 migrants dès le mois d'octobre.

Le projet est très contesté localement. Alors qu'une réunion se tenait lundi soir à la mairie, une centaine d'administrés manifestaient dehors. Ils se sont dispersés à 23 heures. Vers 2h30 du matin, le bâtiment était signalé en feu. 

L'appréhension du voisinage face à la future implantation est grande. "On n'a su ça qu'au mois de juillet", témoigne un habitant.

"Les habitants manquent d'informations, souligne une riveraine. Et les seules informations qu'ils ont, ils peuvent les comparer seulement à Paris et Calais donc forcément, ça ne donne pas vraiment envie et ça fait peur."

Une enquête a été confiée à la gendarmerie.

"C'est une honte", s'emporte Anne Hidalgo 

La ministre du Logement, Emmanuel Cosse, n'a pas tardé à réagir, mardi matin, sur ces faits survenus pendant la nuit:

"Cela nous rappelle aussi, aujourd'hui, comment ces projets peuvent faire l'objet de très fortes oppositions voire, de violences. Et je veux redire ici devant vous, d'une part, notre détermination à Bernard Cazeneuve et à moi-même, poursuivre cette politique. Ensuite, (je veux exprimer) mon soutien total aux associations qui travaillent avec nous. Un soutien évidemment financier, mais également un soutien moral et politique, car nous savons ce que peut être la difficulté de cette mission au jour le jour", a déclaré Emmanuel Cosse.

La maire de Paris s'est également indignée, après cet incendie dont tout porte à croire qu'il est volontaire. D'autres incidents avaient été relevés récemment par les pompiers.

"C'est une honte", a réagi de son côté Anne Hidalgo, à la mi-journée. "Ceux qui ont fait ça devraient avoir une honte immense parce que s'ils pensent que c'est comme ça qu'on porte les valeurs de notre pays, ils se trompent totalement. C'est détestable, déplorable, criminel d'agir de cette façon là. J'espère qu'ils seront retrouvés et sanctionnés comme il se doit."

Cet incident intervient le jour de la présentation du futur camp de réfugiés qui ouvrira fin septembre au nord de Paris, à la porte de la Chapelle. Il devrait accueillir 800 hommes seuls. Les familles et personnes vulnérables seront abritées pour leur part dans un autre camp, au sud de Paris.

D. N. avec Cécile Ollivier