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Essonne : le violeur présumé d’une fillette s’est rendu

Essonne : le violeur présumé d’une fillette s’est rendu

Essonne : le violeur présumé d’une fillette s’est rendu - -

Ce mardi, le violeur présumé d’une fille de 10 ans, agressée samedi à Viry-Châtillon (Essonne), s’est rendu de lui-même à la gendarmerie de Compiègne (Oise). Le suspect étant tout juste sorti de prison, cette affaire relance le débat sur le suivi des récidivistes et pointe les failles du système judiciaire français.

Fin de cavale pour le violeur présumé d’une petite fille de 10 ans, agressée samedi à Viry-Châtillon dans l’Essonne. Le suspect, récidiviste, et tout juste sorti de prison, s’est rendu de lui-même ce mardi à la brigade de gendarmerie de Compiègne, dans l’Oise. Cet homme, âgé de 33 ans, aurait abordé la fillette samedi, alors qu'elle était sortie seule acheter un sandwich à côté d'une kermesse. Il l'aurait frappée et emmenée en voiture vers l'autoroute A6, où il l'aurait violée à plusieurs reprises. La petite fille avait son téléphone portable, sa grande sœur l'a appelée et a entendu des cris, l'homme disant "je vais te tuer". Elle a été relâchée deux heures plus tard, et a pu appeler sa famille. Elle a été opérée en urgence et restait hospitalisée mardi.

Aucun suivi socio-judiciaire activé à sa sortie de prison

Cette affaire relance le débat sur le suivi des récidivistes et du dysfonctionnement de la justice. Que sait-on sur le parcours du suspect ? Connu pour plus de 70 infractions et déjà condamné 15 fois, le suspect avait à son casier : des vols avec armes, une séquestration et aussi une agression sexuelle sur une jeune femme de 19 ans, une fellation forcée. Il sortait d'ailleurs tout juste de prison quand il a été condamné dans cette dernière affaire en 2010, à 2 ans de prison, sans inscription aux fichiers des délinquants sexuels. Il n'avait fait qu'une partie de sa peine. Remis en liberté conditionnelle en mars dernier, il était depuis, en sursis et mis à l'épreuve. Pourtant, aucun suivi socio-judiciaire n’a été réactivé à sa sortie. Son dossier n'était toujours pas arrivé jusqu'à la juge d'application des peines des Hauts-de-Seine. Autre dysfonctionnement, la magistrate avait été prévenue de sa libération seulement un mois plus tard. Elle l'avait toutefois déjà convoqué, le 30 mai prochain, pour le suivi d'une condamnation plus ancienne.

« Un mois pour qu’on soit informés, malheureusement, c’est déjà un bon délai »

Martine Lebrun, présidente de l'Association nationale des juges d'application des peines, n'est pas surprise par le délai de transmission de son dossier à sa sortie de prison : « Il y a un véritable problème entre la sortie de prison et la connaissance par les juges d'application des peines. On n’a pas de liens informatiques entre les différents services ; il n’y a pas de système d’alerte qui fait qu’on sait qui vient de sortir tel jour à telle heure, et qu’on peut réactiver les mesures. Donc ce délai d’un mois qui paraît exorbitant, surtout quand il y a une récidive sur des actes aussi dramatiques, malheureusement pour nous, c’est déjà un bon délai. »