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Escalade meurtrière dans le Nord: tué par son rival au fusil de chasse

Un gendarme, image d'illustration

Un gendarme, image d'illustration - AFP

Il n'aurait pas supporté que son ancienne compagne le quitte pour choisir son ami d'enfance. Un homme est soupçonné d'avoir tué son rival au fusil de chasse à Solre-le-Château, dans le Nord. Il a harcelé et menacé le couple pendant deux mois.

Il est soupçonné d'avoir tué son rival. Thomas est accusé d'avoir abattu au fusil de chasse Pascal, un ami d'enfance et le nouveau compagnon de son ex-fiancée. Le drame s'est déroulé fin novembre au domicile de la victime à Solre-le-Château, un village du Nord près de Maubeuge, à quelques kilomètres de la frontière belge.

"Des cartouches de fusil glissées dans leurs bûches de bois"

Tout a commencé deux mois plus tôt, lorsque Laura, 19 ans, quitte Thomas pour Pascal. Alors que les deux hommes se connaissent bien, l'amoureux congédié ne supporte pas cette rupture. "On savait que la relation nouvelle entre la victime et sa compagne, qui remontait à deux mois, avait été très mal vécue par cet ancien compagnon", a expliqué le procureur de la République de Valenciennes, selon France 3 Nord Pas-de-Calais.

"La séparation avait eu lieu en septembre 2016, il faut savoir également que les deux hommes, les deux rivaux, étaient des amis d'enfance, des gens qui se connaissaient depuis longtemps, d'où le ressentiment du rival éconduit", a-t-il ajouté.

C'est alors le début d'un harcèlement. Thomas, âgé de 23 ans, ne lâche pas le nouveau couple et envoie des lettres de menaces. "Il y a eu des appels malveillants, des cartouches de fusil glissées dans leurs bûches de bois, l'incendie des voitures du couple", a détaillé le procureur, rapporte La Voix du Nord. Pascal porte plainte.

"Mon frère a été menacé physiquement et il n'était vraiment pas tranquille depuis quelque temps. La preuve, il portait depuis deux semaines une petite hachette sur lui, au cas où il lui arriverait quelque chose", a témoigné au quotidien régional le frère de la victime qui ne comprend pas pourquoi aucune mesure n'a été prise afin de le protéger.

"J'ai croisé une 206 blanche qui roulait vite, c'étaient eux"

Le soir du drame, Thomas se fait déposer en voiture par son père à proximité du domicile de la victime. Afin de faire sortir Pascal de chez lui -qui est en train de dîner avec sa compagne- il fait du bruit dans la cour et se cache dans le garage. Lorsque la victime approche, il fait feu à l'aide d'un fusil de chasse. Une seule balle qui touche mortellement Pascal au thorax.

Alertée par le bruit, Laura se précipité et découvre le corps de Pascal, grièvement blessé à la gorge. Elle appelle à l'aide son beau-frère qui va croiser le suspect sur son chemin.

"Elle hurlait, a-t-il témoigné pour Le Parisien. Je me suis précipité dans ma voiture pour aller chez eux. Sur la route, j'ai croisé une 206 blanche qui roulait vite, c'étaient eux. Mais quand je suis arrivé, mon frère était décédé."

Le suspect prend la fuite dans la voiture de son père qui l'attendait. Le GIGN est même mobilisé: père et fils sont arrêtés "tranquillement" le lendemain alors qu'ils reviennent de Belgique où ils sont allés acheter des cigarettes.

Dans un premier temps, Thomas nie le meurtre. Il prétend d'abord avoir passé la soirée avec ses parents, sa sœur et son beau-frère à regarder "Danse avec les stars" à la télévision. Mais ces deux derniers sont revenus sur leurs déclarations. Sans compter qu'un chien pisteur de la gendarmerie a détecté la trace de Thomas au domicile de la victime.

"Il a répété à son père qu'il allait le tuer"

Le père du suspect a nié avoir connu les intentions de son fils. "Le père va reconnaître qu'il a accompagné son fils sur les lieux du crime (…), a précisé le procureur. Il l'a déposé, dit-il, puis il est reparti, puis il est revenu pour le rechercher. Là, le fils lui a dit que ça s'était mal passé. La version du père c'est de dire qu'il ne savait pas du tout ce qu'allait faire son fils sur les lieux, il dit qu'il pensait que c'était pour intimider et pas pour tuer".

Mais lorsque Thomas passe aux aveux, il confesse avoir fait connaître ses intentions criminelles.

"Il dit que pendant toute la semaine précédente, il a répété à son père qu'il allait le tuer et que son père, lorsqu'il le conduit sur les lieux du crime ne pouvait pas ignorer ce qui allait se passer."

Le fils a été mis en examen pour homicide volontaire avec préméditation et le père pour complicité. Ils ont tous les deux été placés en détention provisoire.

C.H.A.