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Enquêtes ouvertes et arrestations après des tags de ronds verts dans l'ouest de la France

Image d'illustration - Bombe de peinture verte

Image d'illustration - Bombe de peinture verte - Pixabay

A l'appel d'un collectif considéré comme proche des milieux complotistes, des points verts ont été tagués dans plusieurs départements ces derniers jours.

Plusieurs enquêtes ont été ouvertes et différentes personnes interpellées, après la découverte de "ronds verts" tagués sur des "routes, ouvrages d'art et bâtiments" dans plusieurs départements de l'Ouest de la France. Des points verts ont été repérés dans le Lot, l'Aveyron, le Tarn, le Tarn-et-Garonne, en Ille-et-Vilaine, en Corrèze, en Dordogne ou encore dans le Morbihan.

Ces "ronds verts" sont apparus en fin de semaine en France, à la suite de l'appel d'un collectif considéré comme proche des milieux complotistes, a indiqué mercredi la gendarmerie du Lot à l'AFP. "Plusieurs enquêtes sont en cours" au chef de "dégradations par inscriptions, signes ou dessins" dans le département, après des plaintes de collectivités territoriales ou particuliers, a indiqué l'officier de communication de la gendarmerie. Une enquête est également en cours à Gaillac, a indiqué la gendarmerie du Tarn.

Plusieurs personnes interpellées

Au titre de l'article 322-1 du Code pénal, les auteurs encourent une amende pouvant aller jusqu'à 3750 euros.

Dans le Tarn-et-Garonne, où les autorités ont recensé 188 ronds verts sur des édifices publics, commerces et écoles, l'enquête pilotée par la compagnie de Montauban a permis l'interpellation d'un homme de 42 ans et l'identification de trois autres qui seront prochainement entendus, a indiqué à l'AFP la capitaine Laurence Duperrey, adjointe du commandant de la compagnie. Selon elle, le mis en cause a reconnu son adhésion au groupe "Conseil national de transition" (CNT).

En Ille-et-Vilaine aussi, "une enquête a été ouverte et les mis en cause ont été entendus. Une réponse pénale sera apportée rapidement au terme des investigations", a indiqué à l'AFP le procureur de la République de Rennes Philippe Astruc.

Le "Conseil national de transition"

Les enquêtes sont focalisées sur les auteurs des inscriptions, "et pas sur le commanditaire qui est connu", a précisé l'officier lotois, renvoyant à des appels sur les réseaux sociaux émanant de Éric-Régis Fiorile, qui se présente comme le chef de file d'un groupe intitulé "Conseil national de transition".

Ce rond vert est présent sur le site de ce mouvement, et sur différentes pages Facebook qui s'en revendiquent.

Sur sa page Facebook, suivie par un millier d'abonnés, Éric-Régis Fiorile a appelé le 27 juin à apposer des ronds verts "dans toute la France", pour "établir la 'souveraineté du et des peuples' sur les politiciens". Il a ensuite multiplié les posts pour appeler à rallier à l'opération "ronds verts" ceux qui en ont notamment "marre de la dictature", "marre des merdias" ou "marre du confinement".

Éric-Régis Fiorile, qui se présente depuis près de 30 ans comme l'inventeur de la "démosophie", un modèle de société anti-oligarchique, est considéré proche des milieux complotistes. Selon La Dépêche du midi, son collectif créé en 2014 avait annoncé le 14 juillet 2015 vouloir prendre le pouvoir pour la fête nationale, une initiative qui n'avait rassemblé que 300 sympathisants à Paris.

S. V. avec AFP